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Touche pas à MON 810
Article publié le 12/02/2008
Le MON 810, seul maïs transgénique cultivé en France, est désormais interdit. Paradoxe : les essais en plein champ viennent d’être autorisés.
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Le maïs Bt fabriqué par Monsanto n’a plus droit de cité dans les champs français.

«  Le MON 810, c’est la productivité et la sécurité », se défend Jacques (1), qui cultive du maïs OGM à une soixantaine de kilomètres de Bordeaux. Pour lui, penser que les OGM peuvent être néfastes à la santé, c’est revenir à l’âge de pierre : « Ça me fait penser à ces foules qui criaient au risque d’empoisonnement lorsque la pomme de terre est arrivée en Europe », se désole l’agriculteur girondin. Pourtant, c’est bien la protection de la santé et les risques de transmission aux autres cultures qu’a invoqué la France en suspendant l’exploitation du maïs de la firme américaine Monsanto. L’Association générale des producteurs de maïs, qui regroupe semenciers et producteurs, n’avale pas non plus la pilule. « L’interdiction du MON 810, c’est un manque à gagner de 10 millions d’euros pour les producteurs français », avance Cédric Poeydomenge, du pôle Sud-Ouest du groupement, situé à Montardon (Pyrénées-Atlantiques).

« Les faucheurs, des bandes organisées »

Témoignant sous anonymat, Jacques affirme subir une pression considérable. Il vit sous la menace des faucheurs : « Ce sont des bandes organisées, comme dans les banlieues. Ils sèment la panique dans les campagnes. Ils m’emmerdent, ce sont des voyous, des marginaux. En plus, le pouvoir s’est rangé de leur côté. » Pourtant, l’appel de Jacques et de ses collègues semble avoir été entendu par le Sénat. Celui-ci vient de créer un « délit de fauchage », passible de deux ans de prison et 75 000 euros d’amende.

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Le maïs OGM est censé protéger contre la pyrale, insecte ravageur.

La science a bon dos

Un sauvageon de l’épi, un voyou des champs, en voilà justement un. Patrick Destruaux est faucheur volontaire et membre de l’association Vigilance OGM 33. Lui dénonce « une très forte pression des lobbies » sur le Sénat, qui vient d’autoriser les essais d’OGM en plein champ. « On n’a jamais été contre la recherche en laboratoire, insiste-t-il. Mais ces essais-là n’ont rien à voir avec la recherche scientifique. Ils ont un but commercial. » En un mot, la science a bon dos et permettrait aux semenciers de continuer à prospérer. En Aquitaine et en Midi-Pyrénées, ce ne sont pas moins de 16 000 hectares de parcelles OGM qui sont cultivées. Et qui sèment toujours la zizanie.

Géraldine Houdayer

(1) Le prénom a été modifié

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