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Aventurier un jour, aventurier toujours.
Article publié le 19/02/2008
Dur dur la vie d’aventurier pour les rêveurs comme Francis Caillé. L’ancien baroudeur a fait le tour du monde dans ses jeunes années. Depuis, il est à quai en attente d’un improbable départ vers la Guyane.
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Francis Caillé
Prêt pour l’aventure, Francis souhaite organiser une expédition dans la jungle amazonienne.

Il a baptisé son entreprise « 80 tours du Monde en Cailléïdoscope ». Calembour obscur pour les non-avertis. « J’en ai marre, personne ne saisit le jeu de mots. Il y a une référence à mon nom là-dedans ». Quand il ne porte pas sa tenue d’aventurier, Francis a le physique banal et propret d’un vieux monsieur à la retraite. Il est engagé dans les municipales à Bordeaux comme militant au parti socialiste, mais reste un incompris. « Je veux proposer une loi pour que tous les jeunes fassent le Tour du Monde avant l’âge de 30 ans » Et le baroudeur est très sérieux et révolté par le conformisme ambiant. Lui qui a inventé son étrange et insolite métier, « formateur d’aventurier », dénonce « la routine métro, boulot, dodo du commun des mortels ». N’ayant pas fait fortune dans le filon du voyage à haut risque, il a trouvé refuge dans un 20m² en résidence étudiante. L’appartement exigu regorge de vieux meubles, vieux souvenirs d’un passé éphémère.

« Une vie originale »

Ebéniste à 14 ans, il interrompt son parcours pour cause d’allergie au vernis. Alors, la soif de l’aventure s’impose à lui. Avec un père dans l’armée coloniale et le même patronyme que l’aventurier René Caillé, le premier voyageur revenu d’Afrique, Francis veut croire aux signes du destin. Ses maîtres ? Les écrivains Daniel Defoe (le papa de Robinson Crusoe), Jack London et l’explorateur Paul-Emile Victor. Mais la mise en pratique s’avère tardive. Ce n’est qu’à 18 ans qu’il quitte sa Charente-Maritime natale. Les Scouts en Corse, puis son service militaire à Djibouti consacrent sa vocation : il sera aventurier.

Après une multitude de petits boulots, il se lance à 27 ans dans un projet d’envergure : le tour du monde en 2CV… restera l’unique expédition de sa vie. La télépathie des pygmées et l’hospitalité des touaregs n’ont plus de secrets pour lui. Entre autres souvenirs musclés, une arrestation mouvementée par des soldats érythréens, des nuits entières agrippé aux branches dans la jungle zaïroise inondée et l’escalade du Kilimandjaro en trois jours. « Il faut pas mal d’insouciance pour être un bon aventurier, sinon on n’avance pas ». C’est avec réticences qu’il révèle son secret : la guerre au Moyen-Orient serait archéologique. « Le pétrole c’est un faux débat. Là-bas, il y a des tablettes que les Américains veulent récupérer ». Sur ces tablettes, des informations en écriture cunéiforme, laissées par les Sumériens. On y apprendrait la localisation d’une planète de notre système solaire encore inconnue et les secrets de nos origines.

Traversée du désert

Déjà la fin du voyage mais avec son âme d’enfant, Francis ne tient pas en place. Il se met à son compte et s’improvise donc « formateur en expéditions d’aventure ». « Mon objectif, c’était d’amener des gens avec moi sur le terrain et de leurs faire profiter de mon expérience. Mais je n’ai jamais eu personne sauf quelques curieux ». Du coup, à défaut d’excursions, Francis galère depuis plus de vingt ans, « j’ai ramé mais je suis satisfait ». Et en attendant que l’aventure frappe à sa porte, militantisme et karaoké occupent son quotidien. Loin de vivre dans ses souvenirs, il reste optimiste et persévérant. « La retraite ? Je n’y pense même pas ! Je vais passer deux petites annonces. L’une pour monter une expédition en Guyane, l’autre pour remettre sur pieds les cafés de l’aventure ». Avis aux amateurs.

Claudia Caratori

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