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Procès de la Brink’s, épisode 3
Article publié le 11/03/2008
Près de dix ans après le braquage de la Brink’s, dans lequel un convoyeur a été tué et un autre blessé, les présumés braqueurs comparaissent pour la troisième fois devant les tribunaux.

Il est 14 heures, ce 29 janvier 1999. Jean-Luc Luthard, un convoyeur de la Brink’s, sort du sas de sécurité et s’assure que la voie est libre. Soudain, un coup de feu retentit : l’homme est abattu d’une balle de Kalachnikov dans la tête, tirée à bout portant. Alerté par la fusillade, Fernando Segovia, qui est chargé de porter les sacs de billets, sort et tire quelques coups de feu avant d’être blessé à la jambe. La scène se déroule à la sortie de l’agence de la Banque populaire du Sud-Ouest, rue de Condé, à Bordeaux. Finalement, les braqueurs prennent la fuite avec, dans leurs poches, 73.000 euros en petites coupures. Les interpellations interviendront à la suite de l’enquête. Jeudi, devant les Assises de Bordeaux, les braqueurs présumés comparaissent pour la troisième fois. Ce nouveau procès promet d’être riche en rebondissements. Deux bouteilles d’eau, sur lesquelles on a retrouvé les traces ADN d’un des malfaiteurs, pourraient à elles seules faire basculer le procès.

Manipulation de scellés

Si Roland Birou et Miloud Bounaghla – les deux auteurs présumés du braquage – comparaissent à nouveau cette semaine, c’est à la suite de l’annulation par la Cour de cassation de la décision de la Cour d’appel de Toulouse. La Cour a pointé de nombreux manquements au Code de procédure pénale. « C’est un immense espoir pour la défense, j’entends y pointer la très surprenante gestion des scellés », se félicite Me Alexandre Novion, l’avocat de Birou. Des problèmes de procédure dans lesquels vont s’engouffrer les avocats de la défense. Jeudi, ils les exploiteront un par un : un procès-verbal d’audience approximatif, une audition de deux témoins sans prestation de serment, une question litigieuse aux jurés. Et puis, il y a ces fameuses bouteilles d’eau, retrouvées dans la voiture des braqueurs, sur lesquelles ont été retrouvées des traces de l’ADN de Roland Birou. « Elles ont été tenues à l’écart des autres scellés pendant toute la durée de l’information judiciaire », rappelle Me Novion. Le braquage de la Brink’s est riche en rebondissement. Cela fait dix ans que Roland Birou et Miloud Bounaghla nient leur participation au casse. Pourtant, ils ont été condamnés à trente ans de réclusion, assortie d’une peine de dix-sept années de sûreté lors du premier procès. Quelques années plus tard à Toulouse, Roland Birou écope cette fois de la perpétuité avec vingt ans de sûreté. Quant à Miloud Bounaghla, les juges le condamnent à trente ans de réclusion dont dix-neuf de sûreté. Dans ce dossier, seul le sort de Christophe Mene est plié. Après avoir avoué l’homicide de Jean-Luc Luthard, il est aujourd’hui écroué. Il est le seul à avoir été reconnu coupable, près de dix ans après le braquage. Pendant ce temps, Fernando Segovia, le convoyeur blessé, s’impatiente. Il a toujours des éclats de balles dans la jambe et attend toujours une indemnisation.

Virginie Wojtkowski

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