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Dans la Garonne, l’or dort...
Article publié le 18/03/2008
Laurent Londeix , professeur de géologie à l’université Bordeaux I, et par ailleurs président de l’association « Aquitaine orpaillage », certifie que la Garonne est bien, du moins par secteur, un fleuve aurifère.

Si demain nous décidions de creuser sous le pont de Pierre, serait-il envisageable d’y trouver de l’or ?

Oui, vous pourriez trouver de l’or, c’est une certitude. Mais dans quelles proportions ! (rires). Vous ne trouveriez guère que d’infimes poussières d’or pour des tonnes de sédiments brassées. Je vous rassure ou plutôt vous inquiète, personne ne fera fortune en creusant sous le pont de Pierre. La seule surprise possible serait de débusquer des monnaies gauloises.

Alors où, dans la Garonne, peut-on dénicher de l’or dans des proportions plus intéressantes ?

Il faut remonter le cours du fleuve jusque dans l’Ariège pour trouver une quantité d’or exploitable. L’or s’accumule quand les torrents ralentissent. Les affluents de la Garonne autour des villes de Saint-Girons ou Massat par exemple sont donc aurifères. Sur les meilleurs secteurs, on peut trouver dix grammes d’or par tonne de sédiments. Ce qui là encore, cessons les fantasmes, n’est pas énorme. A supposer que vous trouviez dix grammes d’or, en le revendant à l’hôtel des monnaies au prix du métal, ça ne représente pas grand chose.

Et comment fait-on pour devenir un bon chercheur d’or ?

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Bâtée. Photo : Nate Cull

Le tout est d’avoir l’expérience suffisante pour repérer les anfractuosités ou pourrait s’amonceler l’or. Les paillettes d’or emportées par le courant se regroupent en général au même endroit au gré des tourbillons et du relief. Le bon chercheur d’or doit ensuite manier sa bâtée – sorte de plateau conique - pour tamiser le fond, et isoler par un mouvement circulaire les particules d’or. Je pratique moi-même l’orpaillage par passion au sein de l’association que je préside. Je participe souvent à des rencontres européennes, sorte de concours de dextérité, où le but en l’espace de deux heures est d’extraire la plus grande quantité d’or du lit d’une rivière.

Quelles sont les conditions naturelles requises pour que de l’or soit présent ?

L’or est un élément pur. Il a toujours fait partie du noyau de la Terre. L’or n’est donc pas la conséquence d’un mécanisme géologique propre. En revanche, le fait d’en trouver à la surface du globe résulte de l’affrontement que ce sont livrées les plaques lithosphériques (croûte terrestre). Il y a 300 millions d’années une gigantesque chaîne de montagnes – que l’on appelle aujourd’hui hercynienne – recouvrait l’Aquitaine. Cette chaîne s’est formée par la collision des différentes plaques, et c’est à cette période que l’or est remonté à la surface. Avec le temps, l’eau a érodé les monts hercyniens – dont les Pyrénées sont en quelque sorte des résidus – et l’or s’est retrouvé véhiculé dans les cours d’eau.

Propos recueillis par Pierre Saulnier et Willy Le Devin

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