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Le groupe Bordelais "Mo" tisse sa toile (2/3)
Article publié le 1er/04/2008
Avec Spidart, le groupe MO n’en ait pas à son coup d’essai. Leur inscription sur le label communautaire vient s’ajouter à la liste des myspace, site officiel et autres plateformes du web où ces musiciens professionnels aiment à communiquer. Bien au fait de l’utilité promotionnelle de ces réseaux du web, ils restent cependant vigilants. Rencontre avec Nicolas, le chanteur de MO.

Pourquoi vous êtes vous inscrit sur Spidart ?

En fait on a entendu une interview du responsable sur Franceinfo. Ca nous a interpellé. On ne s’est pas décidé tout de suite, on a voulu le rencontrer. On voulait voir avec lui ce qu’il allait pouvoir nous apporter. Nous on l’a plutôt fait dans un objectif de communication. On s’est dit qu’en s’inscrivant sur ce site on allait un petit peu parler de nous.

Eux, ça leur apporte une crédibilité avec un groupe qui a une valeur intéressante : On est professionnels, on a déjà fait des albums, on fait pas mal de première parties. Donc ils nous ont fait de la promo, du mailing… A côté de ça y a le projet de financement par les internautes. Mais ça c’est dans un second temps. C’est pas l’objectif. Parce que faire un album c’est pas un soucis pour nous, communiquer par contre sur des grands médias c’est quelque chose qui est compliqué à faire quand on est simplement artiste.

Vous pensez quoi du concept Spidart ?

Ce n’est pas une maison de disque. Nous on est indépendant même si on a des partenariats. On est en auto-production en tout cas. On attend pas grand-chose de Spidart. Ils se sont fixé la barre de 50000 euros pour produire un album, pour l’instant ils n’en ont aucuns. La barre est haute, c’est peut-être juste pour la crédibilité. Car honnêtement nous on a pas besoin de cette somme là pour produire un album. Avec moins de 5000 euros on peut faire un album.

Ce ne sont pas des philanthropes, ils vont essayer de chercher leur intérêt dans tout ça. Ils se placent en alternative par rapport aux maisons de disque, mais je ne suis pas sûr qu’ils soient bien différents. En plus ils ont des partenariats avec EMI. Donc au final, ils vendront le projet à une maison de disque je pense, qui elle a les moyens de faire connaitre un artiste. Ce qui n’est pas forcément leur cas aujourd’hui.

Après le problème c’est que ça nous apporte quelque chose au début quand il n’y a pas trop d’artistes. Mais après quand il y a plus de 800 artistes c’est moins intéressant : quand on ne connait pas un nom comment on va le trouver sur la page d’accueil ? C’est valable pour tout ces sites là qui au fond, font de la com’ et des partenariats pub.

Nous ça nous apporte rien du tout en termes d’argent. On a eu quelques investissements, c’est rigolo. Après cela n’apporte pas grand chose.

Vous avez tenté des maisons de disque traditionnelles ?

A une époque, oui. Mais pour tenter une maison de disque il faudrait vraiment réussir à entrer en contact avec les bonnes personnes. Les responsables et directeurs artistiques sont assez intouchables. On a jamais de rendez vous, il faut être sur Paris et connaitre quelqu’un pour se faire introduire et avoir des rendez vous. Parce que sinon c’est impossible. Ils n’écoutent plus rien. Nous ça nous est arrivé d’envoyer des disques à des maisons de disque et ils nous les ont renvoyés cellophanés, en nous disant « nous avons bien écouté, mais c’est pas tout à fait ce que l’on cherche ». Le monde des Majors, c’est assez intouchable.

Donc cette idée, c’est un pied de nez aux majors ?

Oui ça permet de se faire connaître. Nous on est sur toutes ces plateformes : on a un myspace, on est sur SFR jeunes talents, on a un site officiel, maintenant Spidart. C’est vrai que c’est très en vogue. Après ce que ça apporte concrètement ? Pas grand-chose... On est un groupe de scène, on gagne notre vie en faisant de la scène. D’un point de vue création, on fait nos albums de notre côté et on essaie de les faire connaître un maximum. Le contact avec le public, sur scène, ça c’est du concret.

Et au final, la réalité du gros business de la musique ne change pas : ce sont les majors. Après, sur internet il y a des nouveaux courants qu’il ne faut pas ignorer. Il existe autre chose que la musique qu’on nous sert à la radio.

Le Myspace de MO

Claudia Caratori et Carole Filiu

A lire également sur le sujet : interview du Bordelais "The Vernon Project" qui sort son premier single grâce aux internautes-producteurs. Notre reportage dans les coulisses des web-labels communautaires.
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