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Vente des médicaments : Leclerc prescrit la polémique sans modération
Article publié le 8/04/2008
Leclerc envisage de commercialiser les médicaments qui ne nécessitent pas de prescription médicale dans ses grandes surfaces. Evidemment, les pharmacies font barrage. Peu importe, Leclerc est un habitué des effets d’annonce, c’est même la part essentielle de la fabrication de son image.

Michel-Edouard Leclerc, Mel pour les intimes, est un type épatant : il sourit, même quand on le contredit. Sa plus grande réussite, c’est d’avoir fait de l’achat d’une tranche de lard un acte militant. Nul n’est censé l’ignorer, Leclerc est le héraut de la grande distribution à petits prix. C’est comme ça « depuis la petite épicerie bretonne ouverte par mon père en 1945 », raconte-t-il.

Depuis que l’enseigne a recyclé les affiches (libres de droits) dessinées pendant Mai 68, a-t-on tendance à penser. Une campagne de pub qui a valu à Australie, l’agence qui l’a conçue, le respect de ses confrères. Imaginez : là où d’autres promeuvent des cotons-tiges à moitié prix, Australie réussit une performance post-moderne. Ces publicités « militantes » fondent la mythologie soixante-huitarde dans l’intemporalité de la consommation et accouchent d’une expérience positive et palpable : la vente.

Ce que provoque la provocation

Le combat que mène inlassablement Leclerc, c’est celui qu’il dirige contre la loi Galland. Entré en application en 1996, le texte est une véritable barricade législative qui interdit à l’enseigne de pouvoir, enfin, baisser ses prix à son gré. Leclerc rappelle rarement que cette législation vise à protéger les petits commerces et les fournisseurs en leur permettant de fixer des tarifs plancher, ce qui empêche la revente à perte. Dans cette logique de liberté des prix, Leclerc ne manque pas de terrains d’affrontement. Il s’en prend aujourd’hui à un nouveau marché, celui des médicaments non-remboursés et à ordonnancement facultatif. Si on l’y autorise, l’enseigne offre de baisser les prix du secteur de 25%. Une annonce répétée à l’envi sur M6 et TF1, dans un spot aujourd’hui dénoncé par la BVP, l’organe d’auto-régulation publicitaire. Rien n’indique au demeurant que le gouvernement laissera Leclerc concrétiser son projet. Mais l’important, dans la stratégie marketing du groupe, c’est que la provocation marque les esprits et conforte l’image du « libérateur des prix ».


Pub Leclerc medicament pharmacie
envoyé par Marketing-digital

« Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux », écrivait Guy Debord en 1967. Quand c’est la publicité qui programme la polémique et crée l’événement, que reste-t-il donc de la réalité ?

Benjamin Huguet

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(1 commentaire)

    19 mai 2008 21:00, par jigouen
    Une fois de plus, La grande distribution essaye de tout ecraser. Mr Leclerc a déjà oublié le prix des médicaments pratiqués dans les magasins Leclerc en Italie (pouvoir d’achat similaire) environ 30% plus cher qu’en France après les avoir proposés à 25% moins cher.

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