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Myriam Borg, maman joueuse
Article publié le 15/04/2008
L’arrière de l’équipe de France de handball Myriam Borg arrêtera la compétition après les Jeux Olympiques de Pékin pour pouvoir se consacrer pleinement à son club de Mios. Et à son rôle de maman.

Lylou et Enola sont deux petites filles très partageuses. Depuis qu’elles ont poussé leur premier cri, il y a un peu moins de trois ans, elles ne profitent pas aussi souvent de leur maman que les autres enfants de leur âge. Et pour cause, leur mère n’est autre que Myriam Borg, une des meilleures handballeuses hexagonales, capitaine de l’US Mios Biganos ( D1 ). Cadre de l’équipe de France avec 165 sélections, Myriam Borg a troqué son maillot bleu pour les layettes.

« Un risque calculé »

Nous sommes en septembre 2004, les Bleues, championnes du monde en titre, échouent au pied du podium des JO d’Athènes (4e). « J’avais 26 ans, je voulais un bébé, c’était prévu », se souvient-elle. Ce qui l’était moins, c’est la précocité de cet heureux événement qui a quelque peu bouleversé les plans de l’arrière gauche et l’a obligée à prendre des risques pour concilier sa passion et son envie de pouponner. « J’ai joué jusqu’à trois mois de grossesse. C’était un risque calculé. Si les médecins m’avaient interdit de jouer, je les aurais écoutés ». Obstinée, Myriam Borg conduit ses coéquipières à la victoire contre Mérignac en décembre 2004. « Quand je fais quelque chose, je le fais jusqu’au bout. On avait prévu, avec mon coach, que je jouerai jusqu’au derby ». Pour minimiser les risques d’accident, Myriam a préféré cacher son état à ses coéquipières, seul son entraîneur était dans la confidence. « Le dire aurait été le moyen le plus sûr pour qu’un accident arrive ». Après neuf mois de grossesse difficile « J’ai été malade tout le long, c’était éprouvant » glisse-t-elle- les jumelles Lylou et Enola voient le jour en mai 2005. En compétitrice aguerrie, Myriam reprend le chemin de l’entraînement sans jamais avoir coupé le cordon avec son club. Son retour se fait le plus naturellement du monde, trois mois seulement après son accouchement. Et ce, malgré les 28 kilos qu’elle a pris. « J’avais dans l’idée de reprendre normalement en début de saison. C’était tout l’un ou tout l’autre : ou je revenais très vite, ou je ne revenais pas du tout ». Ce retour a même été plus rapide que prévu. Dès le mois d’août, Myriam participe à la préparation de début de saison avec ses coéquipières.

Retour au top

Trois mois seulement après la reprise de l’arrière, le sélectionneur de l’équipe de France, Olivier Krumbholz, la convoque pour les Mondiaux de décembre 2005. Mais en Russie, l’aventure tourne à la bérézina avec une peu flatteuse 12e place. A l’image de ses partenaires, « Mimi » n’y est pas. « J’avais prévenu le coach que j’étais loin d’être au top physiquement et, dans ces cas-là, le doute s’installe, on cogite ». À écouter l’arrière, pas de lien direct entre cet échec et la première séparation d’avec ses filles. « Elles étaient petites et n’avaient pas trop la notion du temps. Je me suis presque sentie comme une célibataire sans enfant ». Pas de babyblues non plus, mais une nouvelle maturité sur laquelle Olivier Krumbholz a pris l’habitude de s’appuyer : « Avoir des mamans en équipe de France, ce n’est pas du tout handicapant. Au contraire, si elles reviennent après leur grossesse, elles ont davantage de maturité. » De la maturité, la jeune maman en a fait preuve à son retour de Russie, en assurant sa reconversion professionnelle. « Je me suis arrêtée de février 2006 à janvier 2007 pour me consacrer pleinement à mon boulot et être titularisée. Si je n’avais pas eu mes filles, je ne l’aurais pas fait. J’avais besoin de me stabiliser. » Très entourée, Myriam reprend la compétition sereinement. Celle qui n’a jamais quitté la Gironde sait qu’elle peut compter sur ses parents et son mari pour prendre le relais quand elle s’absente. Des séparations de plus en plus difficiles à gérer : « C’est rapidement devenu plus délicat. Les filles ont grandi. Elles pleuraient au téléphone, c’étaient de mauvais moments à passer. Maintenant, elles comprennent. On leur a beaucoup parlé, je leur fais partager ma passion. Je les ai contaminées. »

Jamais deux sans trois

Finalement, les jumelles sont devenues les plus grandes supportrices de leur maman. Avec leur papa, handballeur lui aussi ( Lormont, N2 ), elles ont suivi avec attention le parcours de leur mère qui, avec les Bleues, s’est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Pékin. « Ce sera ma dernière campagne en équipe de France, glisse Myriam. Il sera temps, ensuite, de laisser la place aux plus jeunes ». Et, pour elle, d’agrandir sa famille. « Un bébé est prévu au retour des Jeux ».

Claudia Caratori et Jonathan Lange

Voir aussi l’interview vidéo de Myriam Borg sur le boycott des JO, la flamme olympique et les chances des handballeuses françaises.

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