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Pas de journaux pour Bordeaux
Article publié le 15/04/2008
La Rue, Spartacus, Rouge ou L’Idiot International... Les journaux sont nombreux à éclore à Paris en ce mois de mai... À Bordeaux, il en est tout autrement.

"Nous n’avions ni le temps ni les moyens d’en faire ", indique Pierre Auzereau, employé d’EDF à l’époque et aujourd’hui président de l’Institut CGT d’histoire sociale d’Aquitaine. Pour les ouvriers, pas de journaux « locaux », mais une multitude de tracts et d’affiches imprimés à la Bourse du Travail, « comme à chaque mouvement social » souligne-t-il. Dans ces documents, on retrouve les annonces classiques des mouvements sociaux : « Appel aux travailleurs en grève et à toute la population, signé : Les travailleurs, les enseignants et les étudiants ». On est aussi interpellé par des slogans plus revendicatifs, du genre « Cette société est pourrie, il faut la foutre en l’air pour en construire une autre ». Les tracts sont diffusés « à l’arrach’ » devant les entreprises. C’est un des seuls moyens pour les syndicats « d’informer les absents ». Les journaux ? Ils viennent tous de Paris et ils sont tous des organes d’expression des partis politiques : La Vie Ouvrière, Le Peuple, La Voix Ouvrière. À l’échelle locale, tout de même, l’Union révolutionnaire communiste-léniniste-marxiste est sur tous les fronts avec sa feuille de chou, Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud Ouest.

"Socialisme et Barbarie"

Quid des étudiants ? « Nous ne pouvions imprimer que des affiches et quelques tracts car nous n’avions pas de moyens. Je me souviens d’un canard d’ extrême gauche qui s’appelait ‘ Socialisme et Barbarie ’. Il existait d’autres petites publications souterraines, mais tout le monde n’y avait pas accès », explique Bernard Couturier, étudiant en Lettres à Bordeaux III à la fin des années soixante et actuellement professeur de philosophie au lycée Mauriac. Autre explication à cette absence de parutions estudiantines, selon Pierre Auzereau :« Ils n’étaient de toute manière pas assez organisés pour écrire un journal qui se tienne ». Il faut alors se contenter de bouts de papier avec des annonces écrites au marqueur. Peu de dessins ou de recherche artistique, le but est de marquer les esprits avec des slogans enragés « Laisserons-nous la dictature s’installer ? Ou au contraire, manifesterons-nous contre la montée du facisme et pour réunir nos forces ? » Mais la plupart du temps, il s’agit tout simplement de se donner rendez-vous, « Ce soir, à 21h, salle A100. Ordre du jour : comité de grève, comité de quartier, journal, information-permanence, effectifs ». Pour ces étudiants, l’info devait passer. Peu importe la manière, pourvu qu’elle soit entendue. Quelques mots suffisaient pour rassembler les troupes au Grand Théâtre et soigner les rescapés au Café des Arts.

Carole Filiu et Gwladys Lescouzères

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