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Les fonds de la messe
Article publié le 15/04/2008
Crise des vocations, crise de la foi, crise économique, sale temps pour l’Église. Par contre, la charité va bien. Merci. Enquête à l’ombre des troncs de messe.

"Je me souviens d’un prêtre qui faisait la quête avec un filet de pêche pour inciter les gens à donner des billets ! ", rigole le père Mino-Matot, à la sortie de la messe du dimanche, église Sainte Croix, à Bordeaux. Autant dire que le sacro-saint tabou de l’argent, soi-disant d’inspiration judéo-chrétienne, n’a pas vraiment cours dans la maison de Dieu. « Ce n’est pas important, combien les gens donnent. Pour l’Église, l’argent, c’est d’abord un outil de partage », ajoute le prêtre. Un outil que l’Église, qui déclare ne vivre que de la générosité des croyants, a quand même su décliner sous plusieurs formes : quête dominicale, pendant la messe, quête pour le denier du culte (une fois par an), legs, casuels et offrandes (pour les mariages et les enterrements), quête pour l’entretien des batiments, vente de cierges. Résultat : un bilan financier positif, selon le diocèse, qui se targue d’avoir un budget équilibré et de pouvoir, cette année, assurer son fonctionnement grâce aux seuls dons des fidèles. Trois millions quatre cent mille euros, pour le diocèse de Bordeaux en 2007, pour la quête à la messe, qui reste la plus forte rentrée d’argent, et les offrandes. Les recettes du denier du culte, cette même année, s’élevaient à trois millions trois cents mille euros. Pas vraiment de crise du don, donc. Malgré une chute du nombre de pratiquants, et la morosité économique ambiante, l’archevêché a su faire face, et a pu présenter des chiffres à peu près stables ces dernières années. La recette ? Une modernisation des méthodes de communication. « Cette année, c’est la première fois que nous avons mis en place une campagne d’affichage pour appeler au don pour le denier du culte », s’enflamme-t-on au diocèse. S’ajoutent une politique de « mailings ciblés » et la mise en place de dons en ligne sur le site internet du diocèse. Autant de stratégies qui semblent permettre à l’archevêché de garder le moral, face à la crise. Alors, à la sortie de l’église Saint-Michel, Marie et Bernadette, la soixantaine pratiquante, peuvent dormir tranquille. Elles avouent donner systématiquement. Deux euros. Un peu plus pendant les fêtes. « Ça sert à payer le curé ». Ce matin, dans la corbeille, il y avait à peu près 200 euros. Mais le père Mino-Matot, décidement de bonne humeur aujourd’hui, souligne que l’Église a d’autres cordes à son arc : « Un enterrement, c’est 120 euros, en moyenne. Alors, moi, je crois que la paroisse va bien, parce que des enterrements, il y en a de plus en plus ! »

Yann Saint-Sernin et Pierre Saulnier

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