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Johanna : la BD autrement
Article publié le 30/01/2009
Johanna Schipper, dite Johanna, ou encore Nina, est une auteure de BD à part. Une BD reporter. Nos âmes sauvages, sa dernière parution, nous offre un voyage au cœur des rites chamaniques amazonien.
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2007 © éditions Futuropolis / Johanna

« Faire du BD journalisme, c’est manifester ses partis pris et un sentiment d’urgence qui font accéder le lecteur à un autre niveau d’information. » Une définition du BD reportage par Art Spiegelman, prix Pulitzer pour sa BD Maus sur l’Holocauste. A travers ses écrits, Johanna essaye de faire découvrir à ses lecteurs, de nouvelles cultures. Une conception originale de la BD en tant que nouveau média. « Il faut se servir de soi comme un réceptacle d’expériences, pour les raconter ». L’auteure n’hésite pas à se rendre en Amazonie, passer du temps parmi les chamans Jivaro. Expérimenter les rites chamaniques « pour éviter le piège des lieux communs ». Avant Nos âmes sauvages, il y eu l’autobiographique Née quelque part : récit de son voyage initiatique à Taïwan, terre de sa petite enfance. Au cœur de ses deux productions : le voyage, thème fédérateur du BD reportage. Qu’il s’agisse d’un voyage dans le temps, dans leur souvenir, ou d’un voyage dans l’espace, pour faire découvrir des contrées lointaines, des guerres, de nouvelles civilisations... Johanna, elle, veut parler de différentes cultures, « qui se rencontrent, des mésententes qui peuvent en découler, l’identité… » des thèmes qui proviennent de son vécu.

L’énigme.

Bordelaise d’adoption, cette passionnée a eu une enfance peu ordinaire. Née en Chine de parents néerlandais, elle arrive en France à l’âge de sept ans. Elle apprend la langue de Molière via les aventures d’un reporter : Tintin. Voyages et BD composent déjà son univers… Le neuvième art s’impose à elle par hasard. Alors qu’elle s’apprête à entrer en Khâgne, un accident la cloue au lit. Johanna dessine, un passe temps qui devient une passion. Elle passe des concours et intègre l’Ecole Supérieure de l’Image d’Angoulême où elle rejoint la section BD. Là, Johanna intrigue : seule fille de la promotion, elle possède un bagage d’art plastique, et surtout ne s’intéresse pas aux thèmes traditionnels de la BD : sciences fiction et Fantasy. Pour son projet de fin d’étude, elle présente à son professeur éberlué, une adaptation BD d’un livre du philosophe Michel Foucault. Dix ans s’écoulent entre sa sortie de l’école et la publication des Phosfées narrant ses cauchemars d’enfance. Dix ans au cours desquelles elle se bat pour imposer ses idées. Une obstination qui paie : en 2007 elle participe à l’exposition du centre George Pompidou sur les BD reporter et, en 2008, pour Nos âmes sauvages, elle obtient le prix Artémisia. Son nouveau projet paraîtra cet été. L’Arrêt extraordinaire narre « un huis clos entre cinq personnages, bloqués dans un train en Basse Silésie en 1937. » L’auteur souhaite « raconter ce qui se passe entre ces personnes obligées de rester ensemble durant 36 heures, avec en toile de fond le national socialisme et l’imminence de la guerre. ». Un voyage passionnant en perspective.

Béatrice Bochet

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