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Sacs plastiques : toujours aussi polluants, mais plus chers
Article publié le 24/03/2009
Depuis quatre ans, dans les supermarchés français, quand un client n’a pas de sac il doit l’acheter. 10 à 60 cents pour obtenir un de ces cabas réutilisable pour remplacer les sacs plastiques anciennement offerts. En plus, ce serait écolo.

« Le sac plastique est un service », rappelle Philippe Michon, directeur de la société Alternative Plastique, filiale de l’entreprise D2W qui produit des sacs biodégradables. Certes, mais il est devenu payant. Et l’engagement des groupes de distribution dans le développement durable semble porter ses fruits. En deux ans, la distribution de sacs plastique a chuté de 8 à 2,5 milliards d’unités annuelles. Tout le monde est content, le sac en plastique c’est moche et… ça pollue. Petite précision quand même, tous les sacs plastiques sont recyclables, à condition qu’ils soient monomatériaux, comme les « poches » de supermarché, souples, qui n’en portent pas forcément la mention.

Les grandes stars de la vague verte ce sont les sacs cabas, vendus aux clients qui arrivent les bras chargés aux caisses. Eux sont produits à 85 % en Asie –y inclure donc le coût écologique de leur importation- et multimatériaux, c’est-à-dire non recyclables. Et un nouveau marché s’ouvre pour les supermarchés. Pour le groupe Carrefour, en 2008, ce sont 24 millions de sacs cabas vendus à 60 cents et 70 millions de sacs souples vendus à 10 cents, composés à 80 % de plastique recyclé. On trouve aussi des sacs en coton équitable et des « sacs pocket ». Les sacs cabas et les sacs en coton sont vendus à prix coutant, le bénéfice s’effectue donc sur les sacs souples –les plus vendus. Impossible toute fois de connaître le prix de revient. Mais deux constats s’imposent : la communication à outrance sur l’aspect écologique des cabas n’est pas justifiée, puisqu’ils sont même moins écologiques que les autres. Et leurs petits frères les sacs souples, les plus vendus par les supermarchés, sont l’objet d’un négoce.

Transfert sur les sacs poubelle.

Que faisait le consommateur des sacs de caisse qu’il avait acquis gratuitement ? « Des sacs poubelles, à 85 % ». Des sacs qu’il achète désormais. On assiste à un transfert des ventes sur les sacs poubelles, dont la vente a augmenté de 25 à 35 % en deux ans. Par ailleurs ils sont plus épais ; la quantité de polyéthylène en circulation n’a pas évolué.

Donc, on a autant de plastique, parfois mélangé à d’autres matériaux donc non recyclable et payant. Le constat est accablant. Une solution envisageable est celle du sac biodégradable, le produit de D2W. Oui mais c’est plus cher, de 10 à 15 % (en raison des oligoéléments ajoutés à leur production) et ça ne rentre pas dans l’équation financière des groupes de distribution. Certaines entreprises l’ont pourtant adopté : les boulangeries Paul, les magasins Leader Price dans les DOM-TOM ou le bien nommé Ladurée.

Et les sacs en papier ? Le papier recyclé est deux fois plus cher que le plastique, et consomme 70 % d’eau supplémentaire.

Marion Wagner

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(1 commentaire)

    27 mars 2009 23:53, par Philippe Delran
    Bon article, mais un détail important est également à analyser. Les fameux sacs "biodégradable" ne le sont (très souvent) pas. Les seuls sont ceux certifié "OK COMPOST". Les autres sont "fragmentable" càd qu’ils disparaissent à l’œil nu mais sont très facilement ingérable par la faune voir la flore. Dans quelques décennie ils sera certainement impossible de laisser un enfant sur une plage car la proportion des fragments de sacs "biodégradable" sera trop importante. La solution est pourtant simple et pas mal de magasins Bio l’utilise. Laisser les cartons récupéré des livraisons de produits à disposition des consommateurs. Et cela fonctionne...

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