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La guerre du fitness
Article publié le 31/03/2009
Plus de vingt clubs de remise en forme se font concurrence à Bordeaux. Gros plan sur un marché particulièrement juteux.

S’épuiser sur des appareils high-tech en regardant des clips musicaux sur des écrans plasma... Bienvenue à Fitness First. L’enseigne mondiale de clubs de remise en forme a ouvert son premier site à Bordeaux en décembre dernier. Plus qu’une énième salle de sport, « c’est un véritable événement », selon la direction, qui se vante déjà de ses 1500 adeptes.

"Fitness First a ouvert en dépit du bon sens. Le marché est déjà saturé", estime Eric Crouzin, lui même propriétaire de la salle O-Zone situé à quelques mètres de l’enseigne mondiale. Le propriétaire de la petite salle ouverte en 2002, se sent peu menacé par le géant Fitness First. Il se souvient de l’exemple de Moving, une enseigne qui a tenté de s’installer à Bordeaux, pour finalement "se casser la gueule".

Dans la capitale girondine, les géants tels que Fitness First, Amazonia ou Lady Fitness se partagent le marché avec des salles indépendantes comme O-Zone ou l’Acropole. Deux concepts et modèles économiques totalement différents. Eric Crouzin a sa propre analyse : "Il y a d’un côté les grands groupes qui jouent surtout sur la quantité. Ce sont en quelque sorte les fast-food des salles de sport. Et puis, il y a les petits restaurants créatifs, c’est-à-dire les salles indépendantes, qui misent sur la convivialité pour fidéliser ses clients."

Proximité vs quantité

Il est vrai que les grosses structures cherchent à vendre un maximum d’accès, quitte à utiliser des méthodes de marketing dites agressives. En témoigne la campagne publicitaire de Fitness First, très diffusée à Bordeaux, qui a débuté plusieurs mois avant l’ouverture. Dès l’inscription, le club exige que chaque nouvel abonné communique les contacts de dix amis, cibles potentielles. Et ça marche plutôt bien. Sauf que le taux de réabonnement est souvent faible pour ces grands groupes. Une chose qu’ont bien compris les propriétaires des petites salles comme Eric Crouzin. Leur credo : fidéliser le client.

Ils jouent surtout sur la convivialité et la proximité, et ont souvent une petite attention pour leurs sportifs. La recette semble faire ses preuves. 600 adhérents, un bon chiffre pour une salle de cette envergure qui existe depuis 2002. Même si cela reste difficilement comparable avec les 1500 inscrits sur le trottoir d’en face. "Eux, ils ont trois fois plus de fric pour lancer une nouvelle salle. Avec un tel investissement, ils sont obligés d’avoir plein de clients sinon ils coulent."

Les salles de sport ont le vent en poupe. On compte une vingtaine de salles rien qu’à Bordeaux. Les Français sont de plus en plus nombreux à venir se défouler sur les appareils de cardio, ou dans les cours de fitness. Selon une étude réalisée par le cabinet privé Deloitte, 3,3 millions de Français sont inscrits dans un club de remise en forme, soit un chiffre d’affaires évalué à 2 milliards d’euros en 2008. Monter sa salle de sport est devenu un véritable business... qui peut rapporter gros.

Aline Brillu et Julie Delvallée

Tous les prix, tous les styles

Concurrence oblige, les salles de sport ont dû réviser leurs tarifs à la baisse. Le fitness, qui était il y a quelques années encore un sport de luxe, est devenu aujourd’hui un loisir de plus en plus accessible. C’est du moins ce que revendiquent les grandes enseignes de remise en forme. Dans les faits, la question du prix des abonnements reste encore assez flou. Rares sont les sites Internet qui affichent clairement les tarifs des forfaits. Au téléphone, on préfère vous orienter vers un rendez-vous avec un conseiller.

A la tête du client

« Les prix varient selon la fréquentation, les horaires de disponibilité ou les envies du client », explique-t-on chez Lady Moving. Ajoutez les réductions pour les comités d’entreprises, les formules pour étudiants, les périodes de promotion, ou les offres spéciales pour parrainage ou fidélité… Il y a en réalité presque autant de tarifs que de clients. Ainsi chez Fitness First, l’abonnement mensuel peut varier de 50 à 90 euros selon les clients.

Alors plutôt difficile de s’y retrouver. D’autant plus qu’il faut faire attention aux subtilités. Les clubs Amazonia, par exemple, proposent un abonnement au mois de 35 euros, un des moins cher. Mais lorsqu’on ajoute les 75 euros de droit d’entrée, les trois mois de caution et les cours qui sont facturés en supplément, l’addition monte rapidement.

Attention aux arnaques

Les salles indépendantes n’échappent pas à la règle. Certains clubs haut-de-gamme pratiquent volontairement des tarifs très élevés, et attirent ainsi une clientèle bien particulière. D’autres, à l’inverse, cassent les prix quitte à lésiner sur les équipements ou le personnel. C’est notamment le cas de la salle bordelaise Tonixity qui propose un forfait pour étudiants à 28 euros par mois... sans les cours. Intéressant, sauf qu’à l’intérieur, on est loin du standing de certains clubs. « Quand je suis entrée, j’ai cru que c’était là qu’ils entreposaient les vieux appareils, mais c’était vraiment la salle de sport", raconte cette jeune fille qui a renoncé après une séance d’essai. "Même la chaîne hifi grésillait. Et surtout, ce n’était pas propre du tout." Le fitness reste avant tout un business.

Aline Brillu

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(2 commentaires)

    15 avril 2009 18:18
    coucou c est eric cruzin et pas eric crouzin o-zone merci

    29 mai 2009 21:11, par Mel
    Pile poil ce que j’ai ressenti en allant faire une séance d’essai chez Fitness First ! Et punaise 20 salles, j’ai pas fini de tout tester...je vous laisse j’ai du boulot ;-)

    Voir en ligne : http://www.tascraquemel.fr


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