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Les centres rangent les aiguilles
Article publié le 29/01/2010
76 jours. Telle a été la durée de vie des centres de vaccination de Bordeaux mobilisés contre le virus H1N1. Cette semaine, les cinq pôles ferment progressivement. Retour sur leur fonctionnement qui a oscillé entre bousculades et désertion.

Lundi 25 janvier, 11h30. Dans la salle d’attente du centre d’Athénée, une seule chaise est occupée. " Depuis la rentrée, le rythme est vraiment calme ", reconnaît Dominique Bentejac, le coordinateur local. " On pense avoir reçu tous les volontaires ".

Les anxieux ont fait leur apparition dès l’ouverture des centres à la mi-novembre. C’est pour les canaliser que la CNAM a créé les bons de vaccination. Mais ils restent peu nombreux, pas plus de 20 à 30 par jour. Les stocks ne s’écoulent pas non plus dans les collèges et les lycées. Mais là-bas, la procédure est double. Une autorisation parentale, puis l’accord de l’élève lui-même sont successivement requis.

Puis vient le mois de décembre avec ses longues files d’attente. 150 personnes sont au rendez-vous les jours d’affluence. Une dizaine de fois, le centre doit refuser l’entrée à ceux qui n’ont pas de bons. La Gironde devient le deuxième département français en nombre de vaccinés, derrière le Nord.

Ca n’affole pas le personnel administratif, choisi en grande partie pour son sang-froid. Responsables des bureaux de vote, habitués du public, ils sont spécialistes du relationnel et des " râleurs ". Mais le souffle retombe lors des vacances de Noël.

Finalement, seulement 10% de la population bordelaise s’est fait vacciner. Pour Dominique Bentejac pas de doute, la faute est aux médias. " Ils ont tout fait pour nous dénigrer en disant qu’on était nuls ", assène-t-il. Mais il explique également ce " lynchage " par le manque de communication du ministère. Et de regretter le décalage du discours national basé plus sur les règles parisiennes que sur le local.

Dernière tâche avant de fermer définitivement les centres, renvoyer les 23 000 vaccins restants à l’EPRUS, établissement public de réponse d’urgence sanitaire, en attendant leur revente à d’autres pays.

Gaëlle Epinat

Piqûre de rappel

A l’instar de la psychose nationale, la Gironde a déployé un véritable arsenal pour faire face à feue la pandémie de grippe A. Pas moins de cinq centres de vaccination ont été installés à Bordeaux, vingt dans tout le département. Au total, plus de 133 000 personnes ont jugé nécessaire de tendre le bras, soit 10% de la population. Au plus fort de la campagne de vaccination, près de 26 000 girondins ont été piqués en une semaine. A Bordeaux, ce sont 30 fonctionnaires administratifs qui ont été réquisitionnés, autant pour le personnel médical. Au final, 23 000 vaccins ont été utilisés : la moitié du stock prévu.

Leïla-Mathilde Méchaouri et Gaëlle Epinat

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