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Parents adoptants, parents patients
Article publié le 29/01/2010
Depuis samedi, des portraits d’enfants haïtiens trônent sur le parvis de la mairie de Bordeaux. Ils ont été installés là lors d’une manifestation de parents en attente d’adoption, des parents inquiets. Parmi eux, Christine Carrère témoigne

Avez-vous eu des nouvelles de votre enfant depuis le séisme ?

Oui. Mais elles ne sont pas très rassurantes. L’enfant que j’ai adopté a 4 ans. Au mois de décembre, lors du dernier contrôle de santé, il pesait 13 kilos. La crèche où il vit a reçu de la nourriture mais elle s’en est fait voler une partie. Aujourd’hui, les rations de nourriture sont divisées par quatre alors qu’il n’avait déjà qu’un seul repas par jour. Je n’ose pas imaginer à quoi il ressemble.

Où en est la procédure ?

Normalement je devais aller le chercher d’ici un ou deux mois. La semaine dernière, trente-trois enfants ont été rapatriés parce qu’ils avaient déjà des visas. Ce qui bloque dans mon cas, c’est que la procédure n’était pas finalisée à cent pour cent. La plupart d’entre nous a déjà rencontré son enfant, ce qui est mon cas. Nous le connaissons et lui nous connaît. Nous attendons juste qu’on le rapatrie, qu’il cesse de crever de faim là-bas. Nous ne sommes pas des voleurs.

Concrètement, que vous demande-t-on au niveau administratif ?

On a un gouvernement qui veut qu’on fournisse des papiers, mais ces papiers sont enfouis sous les décombres. Pour rapatrier un enfant, il faut la copie du jugement rendu lors de la procédure d’adoption. Certains parents n’ont pas les preuves de ce jugement, seuls les orphelinats haïtiens les détiennent. Les directrices de crèche essayent tant bien que mal de les retrouver mais c’est quasiment impossible. Alors, on voudrait un peu plus d’assouplissement de la législation. On préférerait que les directrices de crèche restent aux côtés des enfants plutôt que de s’occuper des démarches administratives. Aujourd’hui, j’ai la trouille que mon fils y laisse sa peau.

Maud Rieu et Mathias Kern

Bordeaux, rat des villes ?

"Nous devons agir". Ces mots prononcés par Alain Juppé lors du conseil municipal du 25 janvier dernier ont ouvert le chapitre consacré à Haïti. A la suite de quoi le maire a joint le chéquier à la parole. Au programme : 30 000 euros de subvention, un concert en partenarait avec le TnBA et la volonté de "rester en contact avec les associations bordelaises présentes sur place". Alain Juppé a aussi réaffirmé sa volonté de soutenir les parents en attente d’adoption d’un enfant haïtien. Sans oublier de distribuer des "remerciements pour ceux qui se sont mobilisés".

30 000 euros, c’est 5500 fois moins que le budget alloué au Grand stade, douze fois moins que la passerelle Evento, c’est seulement 13 centimes par Bordelais, c’est deux fois les revenus mensuels d’Alain Juppé. "Je pense que ce vote là sera consensuel", a-t-il conclu. Et généreux ?

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