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La lutte des places
Article publié le 9/02/2010
L’unité à la gauche de la gauche est fragile et à géométrie variable. Les alliances se font et se défont au cas par cas et jusqu’au dernier moment

Le Front de Gauche a un problème. Sa composition change selon la région, au gré des alliances locales. Le PG (Parti de Gauche), le PCF (Parti Communiste Français), la GU (Gauche Unitaire) en sont le socle commun. Par endroits, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ou la FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) peuvent les rejoindre. Dans le Limousin ou le Languedoc-Roussillon par exemple, c’est chose faite. Pourquoi pas partout, alors ? Des divergences profondes de programmes, d’idées ? Que nenni. Seuls les aléas des ambitions et des concessions de chacun, avec en fond les rancoeurs historiques des mouvements de la gauche radicale, freinent l’unité.

En Aquitaine, c’est notamment l’attitude à avoir vis-à-vis du Parti Socialiste d’Alain Rousset qui divise les troupes. Certains, au NPA, refusent de faire cause commune avec le président sortant et accusent le PCF de viser des postes d’adjoints. Les communistes rétorquent qu’ils veulent construire « une majorité de gauche », et en profitent au passage pour qualifier le NPA « d’opposition à gauche ». Vendus contre égoïstes, en somme. En réalité, il n’y a qu’un seul obstacle à ce que tous se retrouvent sur une seule liste. Chacun argue de son score aux précédentes élections européennes, de sa force militante, et exige un nombre d’élus que les autres ne peuvent accepter. Résultat : l’alliance rompt et chacun part de son côté. On est bien loin des préoccupations concrètes de la masse laborieuse. Et c’est un tel sujet de crispation que seules quatre régions ont réussi à mettre tout le monde d’accord. Traduit en langage optimiste, ça donne « des accords partiels ont été passés dans une majorité des régions. »

Sauf coup de théâtre, pas de liste unitaire en Aquitaine

Choisir Gérard Boulanger pour conduire la liste régionale du Front de Gauche n’aura pas suffi pour dépasser ces oppositions. Adoubé par tout le monde -peut-être parce qu’il n’a sa carte nulle part-, l’avocat bordelais a pu jouer les rassembleurs. Lui voulait être « le trait d’union », ne concevait pas le Front de Gauche sans le NPA et critiquait Alain Rousset sans lui taper dessus. Il a échoué. Mais est-ce de sa responsabilité ? Au NPA, tous n’étaient pas favorables à négocier avec le Front de Gauche. Au PCF, tous ne voyaient pas l’arrivée du NPA d’un bon oeil. A un moment, le Front de Gauche aurait pu se faire sans le PCF. Lundi 8 février, c’était le premier jour du dépôt des listes. Le lendemain après-midi, le NPA avait sa propre liste et le PG était en négociation pour savoir s’il allait avec le PCF, avec le NPA ou s’il n’y allait pas.

Ces nombreuses réunions auront néanmoins eu un mérite : tisser des liens sérieux entre les militants qui ont un projet unitaire, au-delà des enclos partisans. Enfin, ou trop tard ? Car entre désaccords de toujours et négociations de dernière minute, les partis de la gauche radicale risquent de brouiller leurs électeurs, et de rater leur véritable adversaire, la droite.

Raphaël Louvradoux

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