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« J’écris avec mon corps, mes mains et mes yeux »
Article publié le 11/02/2010
« Avant de dire quelque chose, il faut s’assurer que le silence ne soit pas plus important. » Cette citation du mime Marceau a beaucoup influencé Angélique Crux, une artiste mime de 43 ans. Son ambition, démocratiser cet art peu connu en France

Quels sont les avantages du mime sur le théâtre ?

On n’est pas prisonnier des mots. Par exemple, quand on prononce l’expression « être méchant « , on ferme le sens. Alors que quand on le mime, les possibilités sont énormes. Les histoires sans paroles font appel à l’intelligence émotionnelle.

Comment faire passer son message au public ?

Le mime le plus doué est celui qui imagine totalement ce qu’il représente. Quand je mime un bâton, je pense à sa texture, son poids, sa couleur. Il faut y croire, sinon le public ne suit pas, il voit qu’on n’est pas dedans.

Existe-t-il des écoles de mime ?

Bien sûr. Moi j’ai étudié à l’école internationale de mimodrame Marcel Marceau qui, depuis, a fermé ses portes. Dans les écoles on étudie les techniques, l’abc du mime. On apprend à représenter les émotions, le décor (la pluie par exemple), ou encore des jeux de clown. Mais c’est la personnalité qui joue le plus. La culture aussi. Au Japon ou en Inde, on ne représente pas les choses de la même façon qu’en Europe.

Pouvez-vous nous décrire ce qu’est le mime ?

Le mime, c’est tout simplement écrire avec le corps, les mains et les yeux. C’est une grammaire gestuelle. Il en existe plusieurs sortes comme le mime abstrait ou le mime automate. Moi, je pratique le mime narratif, qui est un conte sans paroles.

Vous avez donné des cours à des gens en difficulté. Qu’est-ce que le mime peut leur apporter ?

J’aime travailler avec ce genre de public. Dans des foyers, avec des enfants sourds, ou des personnes âgées. Le mime est un outil pour leur faire dire ce qu’ils n’arrivent pas à exprimer. Quand on travaille sur la violence ou la colère, on se concentre sur la respiration, le cœur, l’expression corporelle.

Le mime est donc très proche de la danse.

Etienne Decroux, le précurseur du mime moderne, disait « la danse explose, le mime implose. » C’est la loi de l’attraction. Contrairement à la danse, l’objectif est d’attirer le public à soi. Si je loupe un geste, les spectateurs pourraient partir dans une mauvaise direction. C’est pour ça que les spectacles sont très intimistes.

Propos recueillis par Gaëlle Epinat

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