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Qui se souvient de l’affaire Brunet ?
Article publié le 30/03/2010
Bien connus aux Capucins puisqu’ils y tenaient un point de vente, les deux plus jeunes fils sont mis en examen pour "tromperie sur l’origine de la marchandise vendue et falsification des denrées alimentaires pouvant entrainer des risques pour la santé". Ils sont immédiatement écroués. Sud-Ouest rapporte que les deux accusés ont été condamnés en mars 2001 à un an de prison ferme.

Qui sont les Brunet ? L’histoire commence en 1931. Jeanne Brunet et son mari Victor rachètent l’établissement fondé en 1904 par son père et son beau-père. En soixante-dix neuf ans, la petite entreprise devient un véritable empire familial, connu et reconnu dans tout Bordeaux. C’est la période faste. Les restaurants de la ville se vantent de servir du steak de "chez Brunet". Cet empire, ce sont de multiples magasins filiales, une usine de traitement dans le pôle alimentaire de Brienne, un chiffre d’affaires de cent millions de francs et près de 100 employés. Une véritable institution locale.

Que s’est-il passé ? En novembre 1998, un employé alerte les services d’hygiène. Ils découvrent du bœuf allemand étiqueté viande d’origine française et du mouton britannique sous l’appellation « agneau de Pauillac ». Mais surtout, des abats rafraîchis à l’Argès, un nettoyant pour les sols réputé cancérigène. Des quartiers de viande décongelés à coups de jets d’eau brûlante sont par ailleurs présentés comme des produits frais et revendus comme tels. Destination : les restaurants administratifs de la ville et, selon le quotidien Libération, certaines crèches.

Pourquoi ces manipulations ? L’eau oxygénée et l’Argès ont l’étonnante propriété de redonner des airs de fraîcheur à une viande déjà bien fatiguée. Une manipulation fort utile pour une entreprise qui fonctionne à flux tendu. La filière a été percutée de plein fouet par la crise de la vache folle. La rentabilité est devenue une affaire de survie. Pour se justifier, les frères Brunet avancent que ces fraudes sont inoffensives, "marginales et conjoncturelles". Alors que la filière est en difficulté, ce serait la pression des grandes surfaces (80 % de leur chiffre d’affaires) qui les auraient poussés à fauter.

Que reste-t-il du dossier ? Aujourd’hui, l’affaire est oubliée. Personne au marché ne veut plus en parler. Rarement, on tombe sur un plus bavard que les autres. Il y va alors de son interprétation : "règlements de comptes", "affaire personnelle", "jalousie"… L’empire a été démembré. Ne subsiste plus qu’une triperie nichée dans un coin de la halle. Les articles de presse eux-mêmes sont difficiles à dénicher. Vite passée, vite oubliée : une histoire de famille comme une autre ?

Chloé Manseau et Olivier Laffargue

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