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Nicole Lucas la sainte parole des Capus
Article publié le 30/03/2010
Casquette, cigarette, charrette, la marchande est le personnage incontournable du marché.

Difficile de passer à côté ! Nicole Lucas, 67 ans, se veut la mémoire vivante des Capus. Ça se voit. Et ça s’entend. L’Adana Kebab en face des Capus ? Nicole a déjà goûté. Les politiques en campagne qui viennent tâter des tomates ? Nicole en a vu une flopée. Que vaut le Festival Evento ? Nicole a son avis. Une info, une anecdote, c’est elle qu’il faut aller voir.

Sud-Ouest, l’Express, RMC ne s’y sont pas trompés. Un exemple de sa verve ? « Il y a des années, quand on était rue Elie Gintrac, il y avait un flic qui nous surveillait. On l’appelait Colgate à cause de ses dents pourries. C’était un con. Il voulait draguer Colette, une amie maraîchère, mais Colette ne voulait pas de lui. Du coup, si on ne respectait pas les règles, il nous collait une amende. Au bout de cinq, on était envoyé en prison pour une demi-journée. C’était le seul jour où les hommes s’occupaient des enfants et où les femmes soufflaient un peu. »

Comme on le voit, Nicole est rodée. Elle a beau se faire plus rare au marché, déléguer, elle continue de porter la bonne parole des Capus dans la presse. « C’est la bonne cliente », comme on dit dans les rédactions. Celle qui harangue les chalands, alpague les commerçants, un petit mot tendre pour chacun : « Alors, ma couille, ça va ? » Des journaleux pleins de questions, Nini des Capus en a vu passer et ça se sent dès les premières minutes. Difficile de l’arrêter.

Autour d’un café-clope, elle nous présente ses Capus, à sa façon, avec son phrasé « pagnolesque », comme l’a écrit le journal local qui semble l’avoir adoptée. Une fois lancée, la marchande des quatre saisons est intarissable. Elle mène sa barque, dirige l’interview et indique quoi noter. En clair, elle nous dit ce qu’elle veut entendre. Elle raconte son job de marchande, sa pièce de théâtre et l’histoire de ses parents, émigrés espagnols anti-franquistes au destin tragique.

Sa mère, d’abord, qui passe la frontière espagnole à pieds avec ses filles, puis se retrouve en camp de concentration près de Bordeaux pendant la Seconde Guerre Mondiale. Son père, ensuite, docker, qui travaillait sous la contrainte pour les Allemands, à la base sous-marine de Bacalan. Il a échappé de justesse aux bombardements de mai 1943 : « Il était avec une pute à ce moment-là. Ça lui a sauvé la vie », glisse Nicole en s’allumant une cigarette. Puis elle embraye. Histoire des Capus, visite du marché et petit couplet nostalgique de rigueur. Nicole connaît le boulot. Mais sait aussi y mettre un terme rapidement. Comme une vraie star : « Allez j’y vais, à

Bertrand Courrège et Simon Vidal

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