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Paint It Black ?
Article publié le 18/01/2011
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Dessin : Louis Thubert

ÉDITO. Le monde va-t-il si mal en 2011 ? Pour les Français, assurément oui. Un sondage paru début janvier l’annonce : les Irakiens et les Afghans seraient plus heureux que nous. Traditionnels vecteurs de l’anxiété, les médias se sont emparés de cette nouvelle pour remplir les sujets post-réveillon à grands coups de micro-trottoirs. A leur décharge, derrière cette facilité journalistique, il est vrai qu’il n’y a pas de quoi se réjouir en plus de nos soucis quotidiens : la Tunisie n’a plus de président, la Côte d’Ivoire en a deux, le Front National instaure une dynastie Le Pen. Des batailles de pouvoir, donc.

Certains, audacieux, renversent le raisonnement : et si le Français n’était pas dupe sur son avenir ? Le pessimisme serait alors une manière de faire montre de la compréhension du monde qui nous entoure, des défaillances étatiques, en somme une lucidité inespérée ? Le Français, armé de son esprit critique est dès lors prêt à s’informer toujours plus, se politiser et constater … que tout fout le camp. Son pouvoir à lui, c’est donc le pessimisme, avec dans cette affirmation une pointe d’arrogance. Le cocorico a d’ailleurs été de mise, lorsque chacun plaisantait sur ce « nouveau titre » de champion du monde.

Plaisanter, car même si l’on ne badine pas avec les sondages chocs – ça fait vendre du papier – les chercheurs s’accordent à dire que le Français n’est pas malheureux. Lorsqu’il est questionné sur sa vie, et non des questions de fébrilité économique, il a tendance à répondre que tout va bien. Une fois le mot ‘chômage’ lâché dans la conversation, il acquiesce soudain sur le fait qu’il faut « s’en sortir ». Évidemment, on s’interroge sur le rôle de médias anxiogènes. Faut-il y remédier en sacrifiant cette vision réaliste de nos problèmes, qui fait notre fierté de pessimistes en chef ?

A l’heure de lancer la 43e année d’Imprimatur, la question était de savoir si nous pourrions nous débarrasser de cette sinistrose ambiante. Ce numéro web en est la preuve, outre ses articles légers : face à l’extrême-droite, nous ne nous intéressons pas qu’aux propos outranciers mais aussi au look de sa présidente. Le problème ivoirien est vu par le prisme de ceux qui se battent pour un pouvoir légitime. La question copte, abordée sous les regards croisés des communautés chrétienne et musulmane. Comme une manière d’enlever la pression associée à ces sujets mais sans perdre une once de lucidité.

Bonne lecture et soyez les bienvenus avec nous pour les quatre mois à venir.

Guillaume Faure

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