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"Pour nos frères d’Abidjan"
Article publié le 18/01/2011
A Bordeaux, le mouvement de soutien à Alassane Ouattara s’organise peu à peu. Ce dimanche 16 janvier, une trentaine de manifestants ivoiriens se sont donnés rendez-vous Place de la Victoire pour réclamer le départ de Laurent Gbagbo.

« Non au dictateur, Non à l’assassin », scandent les manifestants. L’assassin, c’est Laurent Gbagbo, le président ivoirien sortant. Ils sont une trentaine ce dimanche à soutenir Alassane Ouattara, le chef d’État élu reconnu par la communauté internationale.

Sur les pancartes : « Non à la dictature, hommage à nos morts, Démocratie en Côte d’Ivoire  ». Tout le long du Cours Pasteur, jusqu’à l’Hôtel de Ville, des phrases inlassablement répétées : « Ado (le surnom d’Alassane Ouattara,ndlr) Président, Gbagbo dehors. Vive la démocratie, Vive Ouattara  ». Autour, des passants s’arrêtent, écoutent le discours, et s’en vont. Indifférents ?

Une quinzaine de membres de la communauté ivoirienne de Bordeaux ont créé une section du RHDP( Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et pour la paix, le parti d’Alassane Ouattara) en Aquitaine il y a quelques mois. Depuis, ils réclament eux aussi le respect du scrutin.

« Nous sommes là pour soutenir nos frères d’Abidjan. Organiser cette marche reste le seul moyen qu’on a de s’exprimer depuis Bordeaux », explique Simeon N’Goran Kouakou, le représentant du RHDP Bordeaux. Des opposants déterminés, mais qui s’efforcent de rester calmes. Le rassemblement est plutôt festif, les enfants s’entraînent déjà à crier dans le mégaphone. Leur slogan est révélateur. A six ans, Lionel répète un message bien politisé : il réclame le départ de Laurent Gbagbo et la prise du pouvoir par Alassane Ouattara car « il faut un changement de président  ».

Des enfants qui crient « à mort Gbagbo », ils ne l’ont pas inventé. Ils n’ont juste pas encore compris tous les rouages du politiquement correct. Leurs parents sont plus mesurés : « Gbagbo doit partir, il a perdu les élections », martèlent-ils. Derrière une solidarité de façade, des divergences commencent à percer. Koniba Diomande l’admet : « Le conflit vient jusqu’ici »

Certains s’échauffent un peu plus. « Il a dit à Michel Denisot sur Canal Plus qu’il était prêt à mourir pour ses idées, alors d’accord si c’est la seule solution », affirme sans hésiter Adolphe Guidy, le secrétaire général du RHDP Bordeaux.

« Nous allons résister jusqu’au bout, Gbagbo ne nous donne plus le choix » s’impatiente-til. Avant de redevenir plus mesuré : « il faut d’abord donner toute sa chance à la démocratie, la force est le dernier recours  ». Le refus de la guerre civile et d’un conflit armé, un point sur lequel tous s’accordent.

Un des participants, plus pragmatique : « Gbagbo ne peut plus partir, il s’est trop accroché au pouvoir ». Un autre surenchérit : « Si Gbagbo n’est pas prêt à partir, on doit l’aider ». Et les menaces de commencer : « quand Ouattara va se décider, on ne pourra plus l’arrêter...  ».

Un peu plus loin, Koniba Diamande préfère mettre l’accent sur l’aspect convivial de la manifestation. Les partisans d’Alassane Ouattara ne sont pas là pour semer la zizanie. « C’est vrai qu’il y a eu des tensions, admet-elle, mais maintenant on est dans une autre dynamique. Il faut qu’on fasse preuve de maturité et qu’on apprenne à pardonner. Il y a eu des souffrances dans les deux camps, mais si on reste dessus on s’achemine vers la guerre civile. Nous ne sommes pas ici pour entrer dans le conflit . Notre mouvement va au-delà d’une action politique. On cherche avant tout à rassembler la communauté ivoirienne. ». Un message d’espoir qui reflète le discours officiel du RHDP. Et qui s’appuie aussi sur l’exemple tunisien, « un exemple de démocratie » pour les Ivoiriens bordelais.

Pauline Moullot

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