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Petits joueurs !
Article publié le 18/01/2011
« On a perdu en seizième de finale, mais contre Frederic Collignon, le Federer du baby-foot. Forcement, on ne pouvait pas lutter, pas de chance pour cette fois, c’est tout... » Mikael Bretagne est reparti bredouille de la coupe du monde de baby-foot qui s’est tenue les 8 et 9 janvier derniers à Nantes. Il a perdu une bataille, oui peut-être, mais rien de sa gouaille naturelle ni de sa passion pour ce sport qui le fait vivre.

Mardi 11 janvier 2011 à la maison de quartier des Chartrons, à Bordeaux. 20h30. Premier entraînement après la World Championship 2011. Alors qu’un tournoi de poker bat son plein dans la salle d’à côté, celle accueillant le club de baby-foot reste dans l’obscurité. « Vous savez, les gars ne sont pas pressés, ils viennent après manger en général, revenez donc dans une petite heure ! » nous dit le gardien entre deux bouchées de pâtes au pesto. Une heure plus tard, retour place Saint Martial. La pénombre qui emplissait la petite salle a été remplacée par des néons criards.

« Des sacrifices et beaucoup d’expérience »

A l’intérieur, les choses semblent s’animer. Avant de passer le seuil de la porte, on s’imagine quelques amis amassés autour de petits joueurs en bois et criant des « vas-y Manu shoot ! » et « Oh Dédé ! la roulette c’est de la triche là, arrête ! » entre deux gorgées de bières. Souvenirs de PMU endiablés surement. Alors forcement, c’est la surprise une fois dans la salle d’entraînement. Petites bouteilles d’eau, jogging, critique du commentateur d’Eurosport qui vraiment n’y connaissait rien côté technique. Une dizaine de joueurs sont présents ce soir. Certains pour s’amuser, se détendre. « C’est un peu un défouloir pour moi après le travail, ca fait du bien. On ne trouvait pas de bar qui proposait de vraies tables alors on se retrouve ici trois fois par semaine, sur du bon matériel » nous dit Lionel. D’autres, comme Mikael Bretagne, sont là pour s’entraîner. Lui fait partie de l’équipe de France de football de table. Lui, ne prend pas cela à la légère.

Un sport comme les autres ?

Il est concentré, s’échauffe. Quelques balles pour commencer, quelques enchaînements. Puis il accueille un nouveau venu qui veut découvrir le sport. L’association, qui existe depuis 20 ans maintenant, compte cette année 31 membres. C’est le deuxième club français après Nantes en terme de résultats. Trois joueurs en équipe de France, deux vice-champions nationaux, des tournois à l’international. Mikael Bretagne n’est pas peu fier de son club. Il a commencé le babyfoot il y a une quinzaine d’années, et s’entraîne une dizaine d’heures par semaine. « Des sacrifices et beaucoup d’expérience », voilà ce qui fait un bon joueur selon lui.

« Pas assez sportif ! »

Alors bien sûr le sujet peut paraître léger, on sourit à le voir suer autant autour d’un si petit ballon. Mais il est passionné, à tel point d’ailleurs qu’il se bat pour faire reconnaître le babyfoot comme un sport professionnel, comme c’est le cas en Suisse, en Autriche ou encore en Belgique, Inde et Chine. Plusieurs demandes d’agrément ont été déposées au ministère des sports, mais sans succès. « Pas assez sportif ». Les échecs et l’aéromodélisme le sont bien, pourtant. La Fédération Française de Football de Table (FFFT) attend une nouvelle réponse, si elle est de nouveau négative, elle entend bien porter plainte contre l’Etat. Ni plus ni moins. Une pétition pour la reconnaissance du baby-foot tournerait jusque dans les rangs de l’Assemblée nationale, et Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, leur à promis plus de visibilité et d’aide lorsqu’il est venu soutenir les joueurs français lors de la coupe du monde. Pourtant jamais certain d’être un jour réellement pris au sérieux, Mikael se prend parfois à rêver d’un Brevet d’Etat et pourquoi pas même d’un sport-études baby-foot. Il pourrait ainsi vivre pleinement de sa passion, et la transmettre à d’autres. Un passionné, on vous dit. Un sportif, finalement.

Agathe Guilhem et Anissa Boumediene

A la découverte des techniques du football de table avec Mikael Bretagne

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