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Cantonales 2011 : Fabien Gay, 27 ans, candidat Front de Gauche à Cenon
Article publié le 27/01/2011
Ils ont moins de 30 ans. Ils sont tous engagés en politique. Ils se présentent pour les cantonales en mars prochain. Rencontre avec Fabien, Yann, Etienne, Christopher et Laëtitia. Le PS se démarque, les éléphants girondins barrissent… le plus jeune candidat a 37 ans.

Quels sont les derniers événements qui vous ont marqué ?

Le CPE et les retraites. Nos aînés ont gagné des droits en 1936, 1945 et 1968. Nous, on est en train de tout perdre. Le 11-Septembre a entrainé une rhétorique de l’angoisse autour du terrorisme et du choc des civilisations. Je ne la partage pas. La révolte des banlieues en 2005 reste ancrée en moi. J’ai été élevé dans ces quartiers. Cette révolte soulève des problèmes profonds, la stigmatisation d’autrui, la sensation de ne pas être chez soi. Je suis petit-fils d’immigrés espagnols, mes parents ont vécu cette situation mais à l’époque il y avait du travail. Arrêtons avec « intégration », « assimilation ». Rachid, les autres et moi, on est tous Français. La France s’est construite avec l’immigration, même Sarko est Hongrois.

Quelles sont les raisons de votre engagement en politique ?

Mes parents ont milité au Parti communiste. Quand j’étais gamin, il y avait toujours du monde à la maison pour demander un litre de lait ou cent balles. Ils étaient toujours présents pour les autres. Le dimanche, au lieu d’aller à la messe, j’allais aux manifs. Mon Noël, c’était la Fête de l’Huma.

J’ai adhéré après les manifestations contre le CPE et le débat autour du traité constitutionnel européen (TCE). Le PCF incarne une lutte totale contre les injustices et contre le racisme. Là où j’ai grandi, j’ai été témoin de la montée des inégalités et du racisme. Je voulais agir. J’ai choisi le PCF car c’est une véritable culture. Nous militons au quotidien et pas seulement lors des échéances électorales. L’engagement au PCF marque à vie. On ne dit pas j’adhère au PCF mais j’adhère au Parti.

Pourquoi ne pas avoir choisi le NPA, parti bénéficiant d’une vraie aura auprès des jeunes ?

Je partage des idées avec ce parti mais il y a un moment où il faut mettre les mains dans le cambouis. Le Parti communiste est un parti qui gère une centaine de villes, encore deux départements et qui a gouverné. Je ne voulais plus seulement m’indigner mais changer les choses. Au Parti communiste, on peut prendre des responsabilités. Je n’ai pas choisi le PS car je souhaite mener une vraie politique de gauche.

Avez-vous des modèles politiques ou historiques ?

Non je n’ai pas d’icônes. J’ai en tête mon père et ma mère pour leur engagement désintéressé. Certes, on allait voir Georges Marchais comme on allait voir Johnny, j’ai lu Marx ou Lénine, je n’ai pas de mentor et je n’attends pas l’homme providentiel.

Sur quels sujets souhaitez-vous vous engager ?

L’emploi, et particulièrement l’emploi des jeunes. Les salaires doivent être revalorisés. Le gouvernement trouve 360 milliards d’euros pour sauver les banques et les salaires stagnent. Lancer une véritable politique industrielle de relocalisation et de contrepartie entreprise-Etat. Il n’est pas normal que des entreprises arrosées par l’Etat licencient sans rendre de comptes. Le logement est un autre thème primordial.

Dans les quartiers où j’ai vécu, j’ai vu des familles de dix personnes dans le même appartement et des squats. Comment un pays civilisé comme la France peut tolérer une telle situation sur son territoire ? Je souhaite insister sur la question démocratique. Un Français sur deux ne se déplace pas pour aller voter. Nous, les politiques, on a un vrai travail sur cette question. Et ce n’est peut-être pas si surprenant. Les Français avaient voté non à la Constitution européenne. Il faut penser une VIe République.

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