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Le fait-main fait de l’effet
Article publié le 27/01/2011
Oubliés le gilet « serpillère » de Thérèse, le tableau érotico-champêtre de Pierre, et les fameux doubitchous de Monsieur Preskovitch. Depuis Le Père Noël est une ordure, le fait-main a quelque peu évolué. Cuisine, art floral, couture ou cosmétique, désormais, les créations-maison font VRAIMENT plaisir.

« Il y a deux écoles, ceux qui font leurs cosmétiques avec de l’huile d’olive et du concombre selon les recettes de grand-mère, et ceux qui les font avec des hydrolats, de la glycérine ou de l’acide hyaluronique, comme les laboratoires. » Hélène a tranché, elle optera pour les technologies modernes. Ce soir, à Mérignac, chez cette jeune maman, c’est atelier cosmétiques. Au programme, la réalisation d’une crème pour les mains, d’une lotion pour le visage, d’un shampoing antipelliculaire et d’un gel de toilette intime. Pour les quatre jeunes mères qui participent à l’atelier, faire ses produits de beauté soi-même plutôt que les acheter, permet d’en connaître et d’en choisir précisément le contenu. Hélène exhibe les fards à paupières, la poudre et le blush qu’elle a déjà réalisés. Ils ressemblent, à s’y méprendre, à des produits commercialisés.

Du côté des loisirs créatifs, même coup de jeune. Les ateliers se multiplient. Le magasin Cultura en propose chaque jour. Les inspirations varient : résine cristal, scrapbooking, bijoux, mosaïque ou encore peinture sur bois. Souvent, les participants veulent reproduire un tableau repéré dans les grandes boutiques de décoration. Couleurs vives, textures, temps de séchage réduit, la démocratisation de la peinture acrylique a dépoussiéré le mythe des artistes hors du temps.

Et le tricot ? C’est une des pratiques manuelles que l’on associe le plus volontiers à nos grands-parents. Alors, fait-elle partie de cette vague d’activités « in » ? Rendez-vous à L’oiseau Cabosse qui, le samedi , fait "café-tricot" à Bordeaux. Ici, point de chevelure blanche. Margaux et Elsa ont 23 ans, Chantal 29, Isabelle 31 et Pascale 46. « Le tricot a changé, les modèles ne sont plus ce qu’ils étaient » . Châle, gilet, layette, tout cela n’inspire pas vraiment la révolution. Une touriste asiatique croit voyager dans le temps. Elle immortalise la scène. Ce sont les coloris et les formes qui ont évolué. Désormais, tout est possible. Même tricoter une housse pure laine, à son téléphone portable.

Des petites mains très actives

Cette modernisation du fait-main est stimulée en permanence. Pour rester dans la course, les enseignes développent des solutions adaptées. Les appareils ménagers relookés envahissent nos cuisines, et on se bouscule dans les ateliers pour apprendre à « faire soi-même ». Mais le réel moteur de cette évolution reste la communauté elle-même. Sur Internet et dans les réunions privées, on s’échange recettes, formulations, idées et bons conseils. Comme la plupart de ceux qui pratiquent le fait-main, Hélène rend compte de tous ses essais sur son blog. Photos ou vidéos à l’appui, elle joue les meneuses de troupes et explique comment réaliser ses cosmétiques. Sans ces petites mains et leurs expérimentations, moins de certitude sur les créations. Désormais, le fait-main s’expose, s’affiche, se valorise. « C’est une petite fierté quand on a fini » , indique Françoise, vêtue d’une blouse de peintre. Il est même devenu un besoin pour Pascale, employée administrative. Elle constate : « Les professions aujourd’hui sont des plus en plus abstraites, sans application manuelle, sans aboutissement ». Les Français seraient-ils en mal de créativité ? Les parents sont des plus en plus nombreux à inscrire leurs enfants aux ateliers de décoration du mercredi, et à prévoir des « anniversaires-création » . Pas de doute, le fait-maison à bel et bien rajeuni.

Agathe Goisset

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(1 commentaire)

    1er février 2011 14:54, par Julie
    Et si vos créations plaisent aux autres n’hésitez pas à ouvrir une boutique ;)

    Voir en ligne : http://siandso.com


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> 1 commentaire(s)
 

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