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Le street art indésirable à Bordeaux
Article publié le 3/02/2011
Dimanche 30 janvier, une exposition de photos a été démontée par la police quelques heures seulement après son installation.

Dimanche 30 janvier. Rue Leupold, derrière l’église Saint-Pierre. Sur les murs qui cernent un terrain vague, les photos d’un voyage au Sri Lanka, d’une session de surf, une série de portraits sont accrochées. Sept artistes différents ont exposé environ 70 photos, un travail de professionnel. « On ne voulait pas se moquer des gens, on ne voulait pas dégrader, on a reconverti un lieu inutilisé », se justifie Arte8, membre du collectif Oranien Conspiracy. Au départ, une décharge envahie par deux mètres de broussailles, fermée par des plaques de tôle, tapissée de ronces et de bouteilles vides. Une nuit entière passée à débroussailler. Une autre à recouvrir les murs de crépi. Et enfin l’installation des photos, dans des cadres noirs. L’exposition est prête, les passants commencent à s’arrêter. Dans l’ensemble, les réactions sont plutôt positives. Mais à 14h, un voisin appelle la police. Le travail de plusieurs jours est détruit en quelques minutes. In extremis, des membres du collectif parviennent à sauver et à récupérer les clichés. L’exposition Mange ton grain était une « expo sauvage », organisée la nuit, sans autorisation. Pour la police, une « dégradation urbaine ». Les membres du collectif s’interrogent encore. « On ne doit pas avoir la même définition du mot dégradation, nous on a remis un lieu en état ». Le concept même du street art.

Le street art, un état d’esprit

Oranien Conspiracy, c’est avant tout Arte8, Glacelöve et Ixes. Une bande de potes qui a basculé du graf au collage, et maintenant à la photo argentique. « L’idée de Mange ton grain, c’était de mélanger photo et street art, de partager nos créations pour faire vivre la rue », explique Arte8. C’est une façon de désacraliser l’art en le partageant avec tout le monde. Les membres d’Oranien Conspiracy ne cherchent pas la célébrité. Ils ne signent pas leurs œuvres mais veulent faire connaître « un travail qui mérite d’être vu ». « Je ne pensais vraiment pas qu’on allait déranger ». Arte8 ne peut s’empêcher de cacher sa déception. « Il y a bien des gens qui collent des affiches du FN, alors pourquoi on n’aurait pas le droit de coller des photos ? Surtout qu’on voulait faire un truc vraiment bien, que les gens croient que l’expo était légale ». Pendant ce temps, les Bordelais se rendent à l’Utopia pour voir les films de Banksy et de JR. Le street art est à la mode, mais pas dans nos rues.

Pauline Moullot

Le blog d’Oranien Conspiracy : http://oranien-conspiracy.blogspot.com/

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