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Royales canines
Article publié le 3/02/2011

C’est bien connu, les vampires ont les crocs ! Pour arborer fièrement un sourire carnassier, les adeptes et membres de clans sont prêts à dépenser des sommes considérables. Tour d’horizon des techniques possibles.

Par Louise Wessbecher

Dessin Louis Thubert

Le nec plus ultra des crocs en France, c’est Father Sebastiaan qui les fabrique. Cet Américain installé à Paris usine sur mesure des quenottes en résine dans un coin de la boutique New Rock, rue de Turbigo. En 45 minutes, il réalise une empreinte de vos canines supérieures puis moule de l’acrylique dentaire pour obtenir une paire de crocs qui « épousent parfaitement les formes [des dents] telle une épée et son fourreau ». C’est en tout cas ce qu’il dit sur son site internet. En fait, les crocs s’ajustent comme une ventouse aux dents. La paire coûte 99€, peu importe la longueur souhaitée. C’est le prix à payer pour porter le travail d’un "maître faiseur de crocs". Pierre, vendeur à la boutique New Rock, plastronne : « Les rendez-vous s’enchaînent. Les gens viennent de toute la France, d’Angleterre et d’Italie pour obtenir leur paire ».

Luc Nehr réalise lui aussi des crocs sur mesure. Avec plus de discrétion. Ce prothésiste dentaire du Nord baigne depuis tout jeune dans le milieu vampirique. Son frère tient d’ailleurs un café gothique à Lens. C’est donc par passion, « et non pour arrondir [ses] fins de mois », qu’il façonne des prothèses acérées depuis un an. Allongé sur le fauteuil, la bouche ouverte : la séance peut commencer. Le professionnel prend vos empreintes de mâchoire supérieure et d’arcade inférieure. Il les coule en plâtre et crée une nouvelle dent à l’aide de trois pâtes différentes. La technique est la même que pour son travail quotidien. Seule la forme s’allonge.

« Boire le sang comporte des risques sanitaires »

Luc Nehr compare ses créations à des « bijoux factices ». Le prix, lui, ne l’est pas : comptez 85€ pour une paire. Comme des accessoires, il conseille de les enlever pour manger, boire et dormir. Father Sebastiaan précise qu’il est « fortement recommandé de ne pas percer la peau humaine avec » par risque d’infection. Et d’ajouter que « boire le sang d’une autre personne comporte énormément de risques sanitaires » !

Limer définitivement les canines : voilà l’ultime option pour des crocs permanents. Certains dentistes pratiqueraient ce type d’intervention, liés à leurs clients par un pacte de confidentialité. Impossible donc de contacter ces praticiens qui s’exposent à la perte de leur licence professionnelle. Pas sûr que le jeu en vaille la chandelle. Surtout lorsque Father Sebastiaan confirme que les crocs ne font pas le vampyre. Il glisse cependant qu’il « n’est pas rare que certains sentent leur nature vampirique se réveiller lorsqu’ils se voient avec leurs crocs dans un miroir pour la première fois ». Alors, tentés ?

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