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Tron l’héritage, beauté froide
Article publié le 3/02/2011
Tron l’héritage est une des expériences visuelles et sonores les plus abouties de ces dernières années, à défaut d’être un film véritablement convaincant.

Sam, 27 ans, est le fils du concepteur de jeux vidéo Kevin Flynn, porté disparu depuis 1989. Un soir, Sam reçoit un message provenant du bureau où son père travaillait. Il découvre alors que celui-ci a créé de toutes pièces un monde virtuel, dans lequel il est désormais prisonnier.

Tron, sorti en 1982, était déjà un véritable ovni. Il compte parmi les premiers films à intégrer les images de synthèse comme élément à part entière. Mieux, il posait déjà la question du tout-numérique au cinéma qui ne trouvera sa réponse qu’en 2009 avec la sortie d’Avatar. Ce qui ne l’a pas empêché pas d’être un échec commercial retentissant. Pourquoi Disney a-t-elle réactivé cette franchise-là, quand elle pouvait capitaliser sur une énième suite lucrative d’un Ratatouille ?

Un film assez commun...

A bien des égards, Tron l’héritage est loin d’être un film d’exception. D’autres ont fait mieux. L’univers virtuel souffre par exemple de la comparaison avec celui de Matrix, référence en la matière. Les Wachowski avaient créé un monde dont les lois sont modifiables : complexe mais efficace. A l’inverse, le monde vidéoludique de Tron est censé être l’invention du seul Kevin Flynn (interprété par Jeff Bridges, excellent par ailleurs) ce qui donne une impression de simplisme parfois un peu agaçante. Pour un film classé dans la catégorie science-fiction, sa mythologie est assez limitée : on effleure à peine ce qui fait la matière de Tron – univers, histoire – et celle des personnages. Beaucoup de tentatives d’humour ou d’émotion ne fonctionnent pas totalement : Tron l’héritage est un film froid, à la manière des programmes informatiques dont il décrit l’histoire.

Une plastique irréprochable

Pourtant, Tron l’héritage n’est pas non plus un échec. On voit se dessiner la volonté de Disney : produire un objet d’art visuel, avant de produire un film. Et, d’une certaine manière, montrer que les studios sont capables d’autre chose que les films Pixar ou les divertissements pour adolescents à la High School Musical. La réalisation du film a été confiée à un inconnu, issu du monde de la publicité (Joseph Kosinski). Armé d’un budget solide (150 millions de dollars), il a réalisé ce que lui-même appelle un «  rêve de designer » au risque de détourner la mythologie originelle du film. Les bandes luminescentes du costume des personnages, censées être un indicateur de santé à la manière des jeux vidéo, n’ont ici qu’un rôle esthétique. L’ambiance de nuit, les teintes bleutées et orangées, la bande originale des Daft Punk ajoutent en intensité à l’expérience qui attend le spectateur.

Au final, on appréciera le divertissement raffiné que nous offre Disney. Mais on ne peut s’empêcher de bougonner vis-à-vis de la trame narrative ou du peu de profondeur apportée aux personnages. En somme, les codes du média cinéma. Et c’est peut-être là le plus gros défaut de Tron l’héritage : n’être qu’un simple film.

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La note d’Imprimatur : 6,5/10
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Sortie dans les cinémas le 9 février. 2h06 min. Réalisé par Joseph Kosinski. Avec Jeff Bridges, Garett Hedlund, Olivia Wilde.

Guillaume Faure

La playlist #2 d’Imprimatur : French Touch

Sortie de Tron l’héritage oblige, nous nous sommes intéressés à sa bande-originale, composée par les Daft Punk. L’occasion de vous concocter cette seconde playlist de 2011, uniquement à partir d’artistes français et aux accents très électroniques.

M-A.A., G.F., G. H-D.

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