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T’as le look, ado !
Article publié le 10/02/2011
Grunge, punk, lolita, emo-gothic… chaque adolescent adopte un style particulier, sidérant souvent ses parents. Pourquoi l’ado s’habille-t-il comme cela ? Faut-il s’en inquiéter ? Réponses
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Céline, 18 ans

Ils ont des "goûts bizarres".

Quand l’enfant devient ado, commence ce que Xavier Pommereau, pédopsychiatre et directeur du pôle aquitain de l’adolescent au centre Abadie de Bordeaux [1], appelle « l’inspiration de la planète ado », c’est-à-dire la « planète conso » qui attire les enfants vers l’âge de 5-7 ans. Dans cette « planète », le look est primordial. Si les « djeun’s » ne veulent pas être considérés comme des « bizuts », ils doivent adopter un style, et le soigner : pantalon tombant ou slim, cheveux longs pour monsieur ; piercing et cravate pour les filles. Car leur plus grande crainte est le rejet des autres.

Ils s’habillent "n’importe comment"

A l’instar de Gabrielle, la grande majorité des ados s’habille comme à la télévision et dans les magazines. Ils suivent ce qu’ils croient être un idéal vestimentaire véhiculé par les célébrités, Shakira et Lady Gaga entre autres. Un legging noir satiné, des bottines de la même couleur à lacets et à hauts talons. Un chemisier beige qui lui arrive juste en-dessous des fesses. Un autre par-dessus, plus petit celui-là, en léopard, pour contraster. Décolleté plongeant, maquillage violet un peu grossier, ongles parfaitement peints, la jeune fille à 15 ans en paraît cinq de plus. Et c’est pourtant dans ce look lolita que la jeune fille se sent bien : « Je me sens à l’aise dans ces vêtements, surtout lorsque je porte un legging. J’adopte naturellement la mode que je vois à la télévision ». Si papa se moque, maman, elle approuve arguant le fait qu’elle aussi, adolescente, s’habillait autrement qu’aujourd’hui !

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Gabrielle, 15 ans

Ils écoutent "n’importe quoi"

Une fois leur look choisi et adopté, les ados se rapprochent d’une tribu en fonction de son appartenance musicale ou artistique. Les grunges avec les grunges écoutant principalement la musique rock, punk et métal. Les show-off préférant le tape-à-l’oeil, le « bling-bling », les gossips girls fanas du griffé. Les marques sont leur dada. Les néo-rockers avec les néo-rockers, les néo-gothiques avec les néo-gothiques, les classiques avec les classiques (c’est aussi un style !).

Quoi qu’il en soit, ce désir intense d’appartenir à un groupe s’éteint le plus souvent dès lors qu’ils rencontrent leur moitié ou vers l’âge de 25 ans, parfois plus.

Pourquoi ce look ?

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Constance, 20 ans, et Julien, 27 ans

La faute aux médias ? Pas du tout (pour une fois !). Pour Xavier Pommereau, ces adolescents appartiennent tout simplement à la société de consommation : « On vit une révolution, celle de l’image et de la communication ». Pas encore nés, on les a en photo grâce à l’échographie. Dès la naissance, très vite, les parents décident de la couleur de la chambre suivant les codes existants : mur rose pour les filles ; bleu pour les garçons. Ils achètent des jouets qui les rendent « intelligents ». Ils les dorlotent, les couvent, sur-couvent même. Les rendent beaux. A cause de l’image, on les plonge dès leur enfance dans un monde où l’apparence est importante. A l’adolescence, ils réclament, ou exigent de leurs parents, qui n’ont pas forcément les moyens, des vêtements de marques, voire de très grandes marques. Alexandra, par exemple, veut ressembler à une hôtesse de l’air. Elle a fait débourser à sa famille près de mille euros pour sa tenue.

« Ces enfants de l’image ont grandi en même temps que le numérique, il y a 16 ans. Et l’essor des sciences et techniques les oblige à changer leur mentalité : ils copient et perdent leur individualisme. Il ne faut donc pas s’inquiéter et surtout arrêter de les juger et de les sermonner, ça ne sert à rien », explique le spécialiste. « Ils vont aussi vouloir à tout prix se différencier de leurs parents en cassant les codes vestimentaires familiaux. »

Vanessa Hirson

[1] L’Ado mal dans sa peau, éditions Albin Michel.

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