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Théâtres privés (de subventions)
Article publié le 10/02/2011
A côté des théâtres publics, il faut désormais compter sur une foule de petits théâtres privés. Si certains sont aidés par les institutions publiques, d’autres doivent se contenter de leur « bienveillance ». Zoom sur une économie à plusieurs vitesses.


Le théâtre public, en quelques mots
envoyé par imprimatur. - Futurs lauréats du Sundance.

Dans l’univers du théâtre bordelais, il y a le TNBA, mastodonte public au budget colossal. Et il y a les autres : une foule des petits théâtres, de plus en plus nombreux. Comédie Gallien, Salinières, TNT-Manufacture de chaussures… En 2010, deux nouveaux établissements ont ouvert : le Trianon et le Victoire, respectivement gérés par les équipes du théâtre des Salinières et du Café-théâtre des Beaux-Arts (CTBA). « C’est un signe de santé. Il y a assez de demande à Bordeaux pour tous », confie Xavier Viton, directeur du Victoire et du CTBA. Pourtant, faire vivre un théâtre coûte cher. « Il faut payer les comédiens, 75 € de cachet par représentation, nos salariés, les coûts de fonctionnement différents pour chaque pièce, et des frais de communication ». Le théâtre, déclaré auprès de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), sous statut d’entreprise, ne touche pas d’aides publiques. « On doit trouver des bons spectacles, à des prix suffisamment attractifs, pour que le spectateur vienne et revienne. Pas assez de spectateurs ? Le théâtre ferme », rappelle Xavier Viton. Conséquence : pour qu’une pièce soit rentable au Victoire ou au CTBA, il ne faut pas plus de quatre comédiens sur scène.

Un flou juridique

Mais d’autres théâtres, privés eux aussi, ont trouvé un moyen de toucher des aides. « Ils sont gérés par des associations, ils ont donc le droit de bénéficier de subventions » explique Xavier Viton. Or, une association n’a pas le droit d’avoir une démarche commerciale. C’est pourtant souvent le cas. « On est dans une problématique d’autorisation latente par les pouvoirs publics, parce que s’ils interdisaient un théâtre subventionné de faire de la publicité, il n’y aurait personne dans la salle ». Pour le gérant des deux théâtres, c’est un problème avant tout politique. A la Drac, on affirme le contraire : w« Si ce sont des entreprises privées, ils ne peuvent pas toucher de subventions, affirme Jean-René Girard, responsable du service des théâtres. D’autant plus qu’il y aurait rupture de concurrence, ce qui n’est pas souhaitable ». Pour Frédéric Bouchet, directeur du théâtre des Salinières et du Trianon, et membre du Syndicat national des directeurs de théâtres privés, la question est plutôt éthique. « Si les gens veulent vivre des fonds publics c’est leur problème. Nous, on a prouvé qu’en région on pouvait monter une structure privée et viable. Les fonds publics vont s’amenuiser, et il faut redonner l’espoir à l’initiative privée ».

De la « bienveillance »

En compensation, les théâtres privés non subventionnés se contentent de la bienveillance des pouvoirs publics. Depuis l’ouverture du théâtre Victoire en mars 2010, Xavier Viton a obtenu de la mairie l’installation d’un parc à vélos proche de l’entrée du l’établissement, et il est soutenu dans ses démarches par l’adjoint du quartier. Ce soutien, limité à un investissement moral, suffit à l’équipe du théâtre Victoire ; du moins tant que la salle reçoit du public tous les jours. Quant à la région et au département, à défaut de subventions, ils paient leurs entrées : « Les employés viennent en groupe dans nos salles, et ils payent le nombre de places pour lequel ils viennent, s’amuse Xavier Viton. Et ça, c’est un échange qui me convient très bien ! ».

Julien Baldacchino

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(1 commentaire)

    11 février 2011 08:22, par corinne mercier
    Dans tout cela ce sont les artistes qui trinquent effectivement 75€ par cachet minimum syndical les répétitions et les défraiements pas payés(je le sais car c’est ce que l’on m’a proposé ) comment un artiste peut il s’en sortir oui bien sûr s’il est professionnel il perçoit une indemnité journalière des assedic les jours de répétitions(merci la solidarité professionnel !)sinon il doit travailler à coté donc il n’est pas professionnel !J’aimerai bien voir leur bilan financier et savoir combien sont payés les instigateurs de ce projet ?

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