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Johnson Simon : "Travailler pour combattre la corruption au sein de l’appareil judiciaire"
Article publié le 10/02/2011

Pourquoi avoir décidé de devenir magistrat ?

Ce qui me plaît dans la magistrature c’est la place que le juge occupe dans la société. Il participe à l’harmonisation de la société par le droit. Avant mes études de droit j’ai étudié le journalisme. Pour moi, le juge est comme le journaliste, il aide et joue un rôle public en offrant un service public.

Comment s’est passée la formation ?

Très bien. J’ai aussi eu quelques difficultés. Par exemple, je n’oublierai jamais le grand nombre de sigles en France, il y en a partout ! C’est difficile de s’y retrouver. La France a aussi des institutions qui n’existent pas en Haïti comme le juge des libertés, le juge aux affaires familiales… Nous, nous avons un système de droit commun et le juge de droit commun peut entendre tout le monde, il n’y a pas de spécialisation.

Comment avez-vous vécu votre départ en France ?

Le départ a été émouvant. Mais lorsqu’on a appris que l’on venait en France on était tous contents pour deux raisons. Après avoir subi le choc du séisme, on s’est dit qu’on trouverait en France un endroit où l’on cesserait d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose. Ensuite, comme le droit haïtien découle du droit français, nous avons pensé que nous allions trouver ici de quoi enrichir notre droit. On prend des notes. On va essayer de faire en Haïti tout ce qui est possible. Vous savez il faut imiter tout ce qui est bon. Ce qui m’intéresse particulièrement c’est la prise en charge de la victime. En Haïti, il y a trop de négligences, une tendance à fustiger davantage, à incriminer.

Quels sont les défis que vous aurez à relever en tant que magistrat, lors de votre retour en Haïti ?

Je pense que la justice a beaucoup de défis à relever. Tout d’abord, je pense que l’on doit faire quelque chose pour améliorer la compétence des magistrats. Les écoles de droit et les facs de droit doivent améliorer leurs programmes.

Il faudra aussi travailler pour combattre la corruption au sein de l’appareil judiciaire. Il y a des gens qui ne sont pas formés et c’est l’une des causes de la corruption. Intégrer la magistrature sans jamais avoir fait de droit, c’est normal en Haïti.

La corruption ne peut pas s’éradiquer. On peut seulement la combattre. On aura plein de choses à faire mais croyez-moi nous avons du courage. Et celui-ci réside surtout dans notre honnêteté. Il faudra aussi essayer de mettre le peuple haïtien en confiance. Parce que le citoyen haïtien, dès qu’il va au tribunal, pense qu’il va perdre parce qu’il n’a pas d’argent. C’est une idée reçue qui s’est ancrée dans les esprits. Il faudra qu’ils sachent que s’ils vont dans un tribunal, on leur rendra justice.

Savez-vous où vous exercerez à votre retour ?

Il y aura un classement pour le dire. Je préférerais exercer à Port-au-Prince parce que j’y ai fait mes études. C’est aussi là où il y a le plus de problèmes. Et c’est de la capitale qu’on pourra donner l’exemple aux autres juridictions. Sinon j’aimerais aller à Artibonite, le département dont je suis originaire.

Cliquez sur les citations des futurs magistrats haïtiens ci-dessous pour accéder à leurs interviews.

- Paul Eronce Villard : "On va essayer d’intégrer les connaissances acquises au sein même de la société haïtienne pour un changement".

- Magarette Toussaint Georges : "On dit qu’en Haïti on a toujours eu les bonnes lois, mais beaucoup d’entre elles sont désuètes".

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