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Magarette Toussaint Georges : "En Haïti on a toujours eu les bonnes lois, mais beaucoup sont désuètes"
Article publié le 10/02/2011

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la magistrature ?

Avant j’étais avocate. Mais j’ai toujours eu un penchant pour la magistrature. Je ne voulais pas l’intégrer comme ça en demandant une affectation. Quand j’ai vu l’annonce pour le concours, j’ai sauté sur l’occasion.

Comment s’est passé le départ pour la France ?

Venir en France a été une surprise pour tout le monde. On savait qu’on allait commencer la formation en septembre mais à Port-au-Prince. Je m’attendais à voyager car ma ville, Cap-Haïtien est au nord et Port-au-Prince au sud. Quand le directeur m’a appelée pour me dire que la formation allait bientôt commencer… mais en France, c’était une vraie surprise. Tout a été pris en charge, on a été « nourris, logés, blanchis » comme vous dites en France.

Pouvez-vous nous parler de votre formation ?

Cet échange entre Haïti et la France est important car il permet de ne pas s’asseoir sur ses acquis. Il faut s’ouvrir aux autres, se frotter avec les autres cultures et les autres droits qui se ressemblent. Apporter du sang neuf. Revenir en Haïti avec des savoirs. Voir aussi dans quelles mesures on peut apporter notre modique participation à la magistrature et à l’élaboration d’un Etat de droit.

Peut-on devenir magistrat par un autre moyen que l’EMA ?

Oui. On peut y arriver par la petite porte en tant qu’avocat. Il faut solliciter le ministre de la justice haïtienne. Mais être bien formé, c’est passer par l’école. Le magistrat qui a suivi une formation sera moins enclin à commettre des erreurs de procédure.

Que peut-on améliorer dans la justice haïtienne ?

On devrait faire un diagnostic de la situation haïtienne. On dit qu’en Haïti on a toujours eu les bonnes lois, mais beaucoup d’entre elles sont désuètes, le code aussi. On a un code d’instruction criminelle qui date de 1845. Il y a eu des amendements mais la structure est restée la même. Mettre tout ça sur le tapis et apporter des corrections pour mettre en avant l’homme avec ses droits et devoirs.

Cliquez sur les citations des futurs magistrats haïtiens ci-dessous pour accéder à leurs interviews.

- Johnson Simon : "Il faudra travailler pour combattre la corruption au sein de l’appareil judiciaire".

- Paul Eronce Villard : "On va essayer d’intégrer les connaissances acquises au sein même de la société haïtienne pour un changement".

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