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La Cub fait cavalier seul
Article publié le 21/03/2011
L’annonce d’un plan de logement pour les Roms met au jour les divergences politiques entre Bordeaux et la Cub.

Rasés, purement et simplement, c’est le sort promis aux squats de Roms par le président socialiste de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), Vincent Feltesse. Une annonce faite lors d’un bilan concernant la Mous, la Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale, lancée en janvier 2010 pour évaluer les besoins et la situation de la population rom à Bordeaux. Il s’agit d’un projet de la CUB et de la préfecture, dont la mairie de Bordeaux est curieusement écartée. Il prévoit de reloger entre 12 et 20 familles dans des maisons individuelles, et d’expulser les autres. D’aucuns salueront une initiative qui a le mérite d’exister, même si très peu d’hébergements sont prévus.

D’autres pointeront du doigt l’hypocrisie de ce plan de relogement. Un processus de sélection un peu compliqué, fondé sur des critères subjectifs, loin de faire l’unanimité. Même au sein de la mairie de Bordeaux. Alexandra Siarri, adjointe chargée de la lutte contre les nouvelles précarités, lui reproche «  certains dysfonctionnements ». Pour Muriel Parcelier, maire adjointe de la Bastide, ce bilan traduit « une méconnaissance de la réalité ». Un manque d’enthousiasme qui révèlerait des dissensions entre conseil municipal de Bordeaux et Communauté urbaine.

Bordeaux se désengage

Bordeaux, qui cofinançait la Mous dans sa première phase, a depuis retiré ses billes. Et a même lancé en parallèle son propre comité de pilotage en septembre. « Parce que les choses n’avançaient pas assez vite », selon Muriel Parcelier. Une fois par mois, ce groupe de travail se réunit avec Médecins du Monde et Procom, associations qui n’ont pas été consultées par la Mous. Alors que le plan de relogement de la préfecture et de la CUB a été lancé sans faire appel à ces différentes expertises, les élus UMP de Bordeaux visitent des squats afin de se rendre compte de la situation.

Responsable de la mission Rom de Médecins du Monde, Paul Lanusse Cazalé confirme : « Les élus qui ont le plus de connaissances sur le sujet viennent de la mairie de Bordeaux ». Muriel Parcelier s’avoue d’ailleurs « plus qu ‘étonnée par ces propositions [de la CUB, ndlr] », voire « choquée par les propos de Vincent Feltesse ». Le président de la Cub a en effet affirmé à propos des habitants d’un squat évacué récemment : « Ceux qui étaient en règle vivent dans de belles petites maisons, d’autres sont en prison ». Un raccourci critiqué par l’ensemble des associations et qui met mal à l’aise les élus UMP. La question des Roms reflèterait en fait un problème récurrent : deux politiques différentes de la part de deux adversaires politiques prêts à se tirer dans les pattes. On préférerait que les préoccupations des élus soit plus humanitaires que politiques, même s’il est difficile, à quelques jours des cantonales, de ne pas voir dans tout ça un enjeu électoral.

Pauline Moullot

Sur le même sujet : "Faut-il raser les squats de Roms ?" par Marthe Rubio

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