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La colère de Stop-Explusion
Article publié le 21/03/2011
Début avril, le Centre de rétention administrative de Bordeaux va rouvrir ses portes au grand dam des associations locales et des réfugiés. Le collectif Stop-expulsion 33 appelle à une soirée d’action, le 22 mars, pour s’opposer à cette réouverture.

Le Collectif, mode d’emploi

Les moyens d’action de Stop-Expulsion 33 sont simples et efficaces. Ils se veulent respectueux de la loi. « Nous sommes un collectif légaliste et pacifiste », insiste Nicolas, l’un de ses membres. Le groupe compte une cinquantaine de militants à ce jour.

Leur manière de procéder est originale : chacun des membres se présente à un guichet et se fait passer pour un client lambda posant de nombreuses questions sans jamais prendre de billets. Dans le respect le plus total de la loi, ils « refroidissent » les clients tout en les sensibilisant aux actions de la compagnie aérienne, souvent inconnues.

Expulsés d’un jour

Pas toujours bien accueillis par les salariés, ils ont déjà vécu des renvois musclés. Lors de sa troisième action, le 7 février dernier à l’agence de Carlson Wagonlit, le groupe est mis dehors sans ménagement par le responsable du lieu qui fait appel aux forces de l’ordre. Mais la présence policière et les tentatives d’intimidation semblent renforcer la détermination du collectif. « C’est la multiplication de ces actions qui pourra faire réfléchir les actionnaires de ces entreprises sur leur intérêt à continuer de cautionner cette politique du chiffre. La réaction des pouvoirs publics contre des activistes qui agissent dans un cadre légal, prouve que le choix de ces cibles est légitime », souligne un militant.

Contre les « machine à expulser »

Né en décembre dernier, le collectif s’inspire d’une initiative canadienne visant à stopper la collaboration des compagnies aériennes avec les autorités fédérales dans le processus d’expulsion des sans-papier. A la suite des victoires du mentor canadien - Air Canada a fini par interrompre les retours forcés en 2006 – une version française voit le jour.

Rappelons la Charte du collectif : « Stop Expulsion 33 utilise l’action directe non-violente afin de s’en prendre aux rouages de la machine à expulser. » Et ses cibles sont nombreuses : « Air France avec 6500 expulsions en 2008 n’est pas la seule complice de l’Etat, Carlson Wagonlit, Bouygues Immobilier, Sodexho, la chaine d’hôtels Accor… sont aussi à boycotter ! ». Le collectif s’est fixé des objectifs de taille en s’attaquant aux grandes entreprises françaises. Jeune et ambitieux, il a du pain sur la planche.`

Texte : Béatrice Fainzang
Dessin : Louis Thubert

Notre dossier "Réfugiés" :
- L’enfer de l’attente
- Entretien avec Lucile Hugon, juriste spécialisée dans le droit des étrangers.
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