Billets Politique Monde Société Économie Culture Sciences Sport Médias Bordeaux
Mériadeck pris entre deux feux
Article publié le 25/03/2011
Hockey, patinage, concerts, spectacles d’humour, Mériadeck est loin d’être simplement une patinoire. Pendant une quarantaine de jours par an, impossible d’y voir le moindre centimètre de glace. Tout ça demande une organisation sans faille, de façon à ce que les usagers subissent le moins de désagréments possibles.
JPG - 74.7 ko
Des centaines de patineurs viennent s’essayer aux joies de la glisse.

Deuxième patinoire de France en surface, première salle de l’agglomération bordelaise en termes de capacité (7 200 places en configuration spectacles, 3 200 en mode patinoire), la salle est occupée en permanence. Avec des agendas de plus en plus serrés pour les artistes comme pour les sportifs, tout y est millimétré. Il ne faut que six heures pour passer d’une patinoire à une salle de concert (voir encadré). Mais ce modèle multifonctionnel est-il réellement rentable ?

En trente ans d’existence, elle a toujours été et reste, pour le moment, la seule salle capable d’accueillir des artistes d’envergure nationale. Mais c’est aussi la seule patinoire permanente de Gironde. Elle abrite ainsi de nombreuses activités relevant de la glisse. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes de calendrier entre les différents utilisateurs. En premier lieu, les Boxers de Bordeaux, club professionnel de hockey sur glace, qui évolue en haut de classement du deuxième échelon national (voir interview).

D’autres sportifs utilisent aussi la patinoire comme, par exemple, le Bordeaux Sports de Glace (BSG), club de patinage synchronisé et de danse. Viennent ensuite les scolaires, des enfants de la maternelle aux étudiants des facultés de sports. Le complexe sportif est évidemment accessible au grand public tous les jours (sauf le lundi).

Du chanteur au catcheur

Tous les jeudis soirs, des sessions de kart sont organisées pour des groupes, souvent des Comités d’Entreprise. Cette diversité a un but essentiel : la rentabilité. « Bien que la mairie de Bordeaux soit propriétaire des murs, nous gérons la patinoire depuis 1998. Des contrats en délégation de service public sont signés tous les cinq ans », précise Brigitte Janning, directrice de la patinoire Mériadeck et employée d’Axel Vega. Cette société privée entretient des relations importantes avec le service des sports de la mairie mais assez peu avec celui de la culture. Pourtant, la salle tient un rôle prépondérant dans l’organisation de spectacles dans la cité girondine.

JPG - 125.3 ko
En six heures, la patinoire se transforme en salle de spectacle.

Quarante jours par an, la glace disparaît pour laisser place à une scène où chanteurs, humoristes et même catcheurs se succèdent. Chaque représentation n’empêche les patineurs de s’exprimer qu’une seule journée, sauf cas exceptionnels.

Un gouffre financier

La patinoire a intérêt à accueillir régulièrement des spectacles, car ce sont les activités les plus rémunératrices. En effet, « la structure est déficitaire, comme tous les équipements sportifs en France », explique Brigitte Janning, la directrice du lieu. « Les dépenses s’élèvent à 3 millions d’euros et les recettes à 1,5 million. La mairie doit donc renflouer les caisses à hauteur de 1,5 million d’euros environ par an. »

Axel Vega loue l’enceinte en échange d’un pourcentage des recettes de billetterie, avec l’assurance de recevoir au moins 8000 euros. Ce qui couvre le coût de la transformation de la salle, estimé entre 5 et 6 000 euros. Par mesure d’économies, l’édifice est fermé l’été. A cela deux raisons : pour commencer, l’absence de demande de la part du public. Ensuite, le gouffre financier que constituerait le refroidissement d’une salle de cette envergure, mal isolée.

A l’automne 2013, l’Arena ouvrira ses portes à Floirac ; la nouvelle enceinte dédiée aux sports et aux spectacles pouvant recevoir jusqu’à 15 000 personnes. Se posera alors la question de l’occupation de Mériadeck qui ne peut se contenter du côté sportif pour fonctionner. Pour l’instant, rien n’a été déterminé quant au fonctionnement de cette nouvelle salle.

Adrien Larelle et Laurent Pomel

Trois questions à Philippe Mangé, responsable de l’organisation des matches des Boxers de Bordeaux.

Comment s’organise la gestion du calendrier de votre club avec la patinoire ?

La programmation des concerts et autres spectacles est organisée un an à l’avance. Axel Véga (NDLR : société gestionnaire de la patinoire) nous transmet le calendrier puis c’est à nous de nous organiser avec la fédération française pour l’élaboration de notre propre calendrier.

Rencontrez-vous des problèmes d’organisation ?

La fédération est plutôt conciliante et essaye de placer tant bien que mal nos matches à domicile lorsque la patinoire nous est disponible. Ce n’est pas toujours évident. Le principal problème que nous rencontrons concerne les entraînements. Le partenariat que le club a établi avec la patinoire ne nous donne aucune priorité par rapport aux autres activités de celle-ci. Du coup, nous n’avons qu’un certain nombre d’heures qui nous sont réservées et elles sont loin d’être suffisantes ! Un exemple : cette saison, nous allons jouer les play-offs et nous ne pourrons pas nous entraîner toute la semaine qui précède notre premier match. C’est une aberration pour un club professionnel comme le nôtre.

Pourquoi la priorité est-elle donnée aux spectacles ?

Tout simplement parce qu’ils sont beaucoup plus rémunérateurs. Lorsqu’on organise un match, les recettes tirées de la billetterie reviennent au club directement. Axel Véga n’en profite pas. Seules les recettes des buvettes à l’intérieur de la patinoire ne nous concernent pas.

Commentez cet article !

> Page consultée 6626 fois
> 0 commentaire(s)
 

imprimatur.fr on Facebook
Imprimaquoi ?

Imprimatur est le journal école de l'Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine (IJBA). Il est créé par les étudiants de 1ère année et distribué gratuitement dans plusieurs lieux publics de Bordeaux.

Vous pouvez télécharger le dernier numéro au format PDF en vous rendant sur la page d'accueil du site.


Imprimatur, journal-école de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine.
Fondateur : Robert Escarpit. Directrice de la publication : Maria Santos-Sainz.
IJBA, 1 rue Jacques Ellul, 33 080 Bordeaux Cedex. Tel : 05 57 12 20 20
www.ijba.org - Association des diplômés