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Elections côté cour
Article publié le 14/04/2011
Envoyés pour les cantonales par les médias locaux dans les préfectures, des journalistes transmettent les chiffres officiels : les soirées électorales reposent sur leurs épaules.

Dimanche 20 mars, il est 19 h 40. J’arrive à la préfecture des Landes, à Mont-de-Marsan. Les premiers résultats officiels du premier tour seront annoncés dans une vingtaine de minutes. Le téléphone de la chargée de communication de la préfecture retentit. Au bout du fil, le bureau local de France 3 qui m’a envoyé en “mission”. On demande des premiers résultats définitifs. « J’en ai, affirme la chargée de communication. Mais je ne peux rien vous donner avant 20 heures... Non, je n’ai pas le droit... Bon, ok, je vous les envoie. Mais ne balancez rien avant 20 h ! » dit-elle, d’un ton ferme.

Pourtant, le suspense n’est pas le terme qui sied le mieux à ces cantonnales. Sur les quinze cantons renouvelables des Landes, quatorze sont acquis à la gauche. Reste le canton de Gabarrets, où le conseiller UMP Michel Herrero espère briguer un troisième mandat. Tous les yeux sont tournés vers ce canton . C’est la consigne qui nous a été donnée. A 20 heures, c’est la cohue. Nous avons beau n’être que quatre dans la pièce, l’imprimante fonctionne sans relâche, et le fax prend le relais, pour envoyer les résultats vers les rédactions. A quelques mètres de là, un duplex est en cours pour France Bleu. En fond, la télévision annonce les premiers résultats. France 3 m’appelle, il y a un direct dans quelques minutes, ils ont besoin de chiffres. Bruts, et rapides.

Sans avoir le temps de les recopier sur les fiches qui m’ont été données, je donne les premiers résultats définitifs. A Gabarrets, Michel Herrero est mis en ballotage. A Dax-nord, la candidate sortante obtient 49,59 %. Pas assez pour éviter le deuxième tour. Je me perds dans les fiches qui arrivent de plus en plus vite.

A Saint-Vincent de Tyrosse, le Front National cumule 15,25 % des suffrages exprimés : je me rue sur mon téléphone pour annoncer une triangulaire. Erreur, c’est le pourcentage des inscrits qui est pris en compte pour définir s’il y a triangulaire ou non. Le résultat a déjà été annoncé, il faut rectifier au plus vite, car les appels de téléspectateurs dubitatifs commencent à arriver. Je commence à me demander si je ne me suis pas trompé dans l’ensemble des résultats. La tension monte, et cela se sent dans la voix de mon interlocutrice, qui finit par lâcher un « Pu- tain ! ». Tous les journalistes sont mis à contribution pour vérifier les chiffres qui ont été donnés au préalable. Heureusement, ils étaient corrects. L’agitation retombe à mesure que le rythme de l’imprimante s’apaise. Une demi-heure plus tard, tous les résultats sont annoncés, je peux plier mes affaires. Pendant ce temps, des élus continuent de se présenter au salon de presse pour obtenir les résultats, avant d’être renvoyés vers un autre bureau. En fin de soirée, journalistes et administratifs sont éreintés par l’agitation des dernières heures. Nous nous rassurons tous, en nous disant que pour le scrutin du deuxième tour, la pression sera moins forte. Du moins on l’espère !

JULIEN BALDACCHINO

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