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Recalés de la présidentielle
Article publié le 27/03/2007
Ils voulaient conquérir l’Elysée. Ils n’ont même pas franchi le seuil des 500 parrainages. Imprimatur s’est penché sur le sort de cinq collés de la campagne.

Jean-Philippe Allenbach, le candidat de la Province

« Entre les régions et l’Etat français, c’est comme dans un couple. Quand le second bouffe tout l’argent du ménage et rentre à la maison bourré, il faut menacer de le quitter pour qu’il change de comportement », ironise Jean-Philippe Allenbach. Entre le candidat auto-proclamé "de la Province" et l’Etat français, c’est un peu le même rapport sado-maso, mais en pire. Depuis que ce Bisontin de 59 ans a échoué dans sa quête des parrainages, le divorce est consommé. Fort de ces origines helvétiques, le Franc-comtois vient ainsi d’annoncer son intention de s’installer en Suisse, où il possède une résidence secondaire. « J’ai renoncé à rallier les Français à mes idées. Avec le système actuel des signatures, ce n’est pas possible. Je m’en vais donc vivre dans un pays fédéraliste », se justifie-t-il. Ce consultant financier n’aura donc jamais l’opportunité de faire étalage de son sens de la formule aux Français. Encore moins de son programme fédéraliste. Avant de se retirer, il a quand même pris soin d’inviter ses sympathisants qui en avaient les moyens à le rejoindre et à garnir la légion des Français de l’étranger. Quant aux autres, il les appelle à ne voter ni pour les extrêmes ni pour les deux candidats principaux. « Il reste Bayrou, Voynet et Nihous. Qu’ils fassent leur choix  ».

Cindy Lee, la candidate du Plaisir

Dans cette campagne, elle se serait bien vue en Nicolas Hulot de la défense du septième ciel. Isabelle Laeng, alias Cindy Lee, rêve même sérieusement d’une « Charte du plaisir et du citoyen », signée par tous les candidats, qui viendrait supplanter le pacte environnemental de l’ancien animateur de TF1. C’est mal barré. Non seulement la Cicciolina française n’a recueilli qu’une cinquantaine de promesses d’élus, et ne pourra donc se présenter à la présidentielle – on s’en serait douté ! – mais l’audience de la strip-teaseuse ne dépasse pas les adeptes des nights-club. Elle est pourtant pleine de bonne volonté, Cindy Lee. Mais il semble que sa proposition d’instaurer des cours de séduction et de confiance en soi au lycée heurte jusqu’aux plus progressistes. Qu’importe, la blonde siliconée, « engagée » en politique depuis les municipales parisiennes de 2001, mènera son combat jusqu’au bout pour la prise en compte du plaisir dans notre société. Prochaine étape : les législatives, avec une candidature dans une circonscription parisienne, qui reste encore à définir.

Rachid Nekkaz, le candidat des Idéaux

Le 22 novembre 2006, un éditeur de sites Internet quasi inconnu, annonce, à la surprise générale, qu’il détient plus de 500 promesses de parrainages. Quand les Bové, Besancenot, et autres Villiers sont en train de ramer, Rachid Nekkaz, lui, se voit déjà participer au premier tour de la présidentielle. Arrive la date officielle du dépôt des signatures. Patatras ! Il se retrouve sur le carreau pour 35 paraphes ! Sans un rond, qui plus est. Pour assurer ses dépenses de campagne, Nekkaz est en effet allé jusqu’à hypothéquer sa maison d’Asnières ainsi qu’un appartement dans le 16ème. Un sens du sacrifice politique qui se révèle aussi courageux que dérisoire. Mais le leader d’ « Allez France » ne compte pas en rester là. Preuves à l’appui, il dénonce les pressions dont auraient été victimes certains élus. Après un recours infructueux auprès du Conseil constitutionnel, « il n’exclut pas de se tourner vers une Cour européenne compétente », selon son porte-parole Jean-Bruno Roumengaux. En attendant, il est bien décidé à vendre chèrement sa peau, à défaut d’autre chose. Son soutien, il ne l’accordera qu’au candidat qui aura repris ses trois propositions phares : l’inscription de tous sur les listes électorales, la constitution d’un gouvernement d’Union nationale et l’anonymat du parrainage des maires.

Nicolas Miguet le candidat des Contribuables

Tout le monde connaît Nicolas Miguet. Il faut dire que le bonhomme ne fait pas dans le genre discret et reste le seul du lot à s’être payé une garde à vue en guise de programme fondamental. A coup d’affiches placardées sur une bonne partie du mobilier urbain hexagonal et de coups médiatico-économico-politiques, le fondateur du Rassemblement des Contribuables Français n’est plus un inconnu pour une bonne partie de ses concitoyens. De là à être candidat à la présidentielle, il y a un pas qu’il n’a pas encore réussi à franchir. Comme en 2002, ce « candidat de la société civile » s’est cassé les dents sur la barre des 500 parrainages. « Mais nous en avons recueilli 453, soit le double d’il y a cinq ans », s’empresse-t-il de rappeler. « Soit 6 % des maires de France. C’est la preuve d’un fort mouvement dans l’opinion. » Et du côté du RCF, personne ne s’est plaint de pressions éventuelles sur la route de la candidature. « Sinon, notre score aurait été très inférieur. » Pas de Miguet en 2002 et pas de Miguet en 2007, donc. Mais qu’importe, la lutte ne prend pas fin pour autant. « Nous voulons présenter 400 candidats aux législatives. Un appel au volontariat a été lancé auprès de nos 7000 militants. » Lui-même se présentera dans son département de l’Eure. « En ce moment, la campagne, c’est la vie rêvée des anges. Il faut que cela cesse. »

Jean-Marc Governatori, le candidat de La France en action

Governatori. Un nom prédestiné pour présider notre pays ? Pas vraiment. Le candidat de la France en action a échoué dans sa tentative de dénicher 500 parrainages d’élus, sésame pour se lancer vers l’Elysée. « Nous avions 310 signatures. D’autres sont arrivées ensuite. Mais le Conseil constitutionnel refuse de nous révéler notre véritable score. C’est bizarre, non ? » Peut-être... En attendant, les raisons de cet échec sont claires dans l’esprit de Jean-Marc Governatori. « Les gens en place veulent rester entre eux. Ils ont fait pression sur les élus pour m’empêcher de me présenter. Je suis hors système, j’ai des moyens financiers. » Sans doute, puisque celui qui a obtenu l’appui de l’Union des candidats émergents a vendu ses entreprises pour financer sa campagne à hauteur de 150 000 euros. Un investissement pour l’avenir, en fait. « La France en action va présenter 577 candidats aux législatives, et le soir du 10 juin, nous serons l’une des principales forces politiques du pays. » Et exit le système des parrainages.« Nous militons pour une vraie démocratie citoyenne. Pour se présenter à la présidentielle, il suffira d’être soutenu par un millième du corps électoral, soit 43 000 personnes. »

Josselin Giret et Pierre Mailharin

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