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Stéphane Paoli : "Il faut remettre de l’humain dans le système."
Article publié le 3/04/2007
Journaliste en charge de la matinale sur France Inter pendant sept ans, Stéphane Paoli était à Bordeaux dimanche pour son émission « Baobab ». Il analyse pour Imprimatur le traitement de la campagne par les médias et se livre sur les évolutions du métier de journaliste.

L’avenir semble bien noir pour la profession... Qu’en pensez-vous ? Quelque chose est en train de se passer. Un mouvement qui va dans le bon sens. On assiste à une mise en réseau planétaire, une véritable révolution médiatique sur Internet. Il s’agit d’un bouleversement radical de la pensée, tel que la découverte de la perspective à la Renaissance. La profession reçoit un message fort. Elle est condamnée à se demander comment elle peut prendre en compte ces nouvelles dimensions.

« Dans une voix, on entend tout. »

En même temps, l’immédiateté de la circulation des informations ne menace-t-elle pas la fonction d’analyste du journaliste ? Il faut faire attention à ne pas se laisser déborder par le temps technologique, rester vigilant, sinon un jour la machine prendra le dessus. La une du Monde.fr est décidée par ordinateur et non plus par la conférence de rédaction. Le journaliste doit se mouiller et prendre ses responsabilités. Il faut remettre l’humain au coeur des échanges et replacer Camus dans le système. Et puis, dans une voix, on entend tout. On sent les gens que vous aimez ou que vous n’aimez pas. Vous n’échappez pas à ce que vous êtes, à votre histoire, à vos convictions. L’important, c’est d’être constamment dans une posture de vigilance pour rester le plus impartial possible. « Est-ce que j’ai bien fait le boulot ? Est-ce que j’ai été équitable ? Est-ce que j’ai laissé parler les deux camps ? »

Justement, dans le traitement médiatique de la campagne présidentielle, le journaliste prend-il ses responsabilités ? La manière dont les médias abordent cette campagne est dangereuse. Que ce soit dans les émissions de télé, ou même de radio, on arrive au même constat. Avec l’épisode du Buzzer par exemple (le candidat invité pouvait interrompre à sa guise le journal de 8h sur France Inter) ou avec la revue de presse faite par les candidats eux-mêmes pendant le 7/9.30. Pour faire plus d’audience, le journaliste est mis en retrait et bientôt, il ne lancera plus que la pub ou la météo. Il passe les plats, et ça le décrédibilise.

Propos recueillis par Pauline Conradsson et Sophie Ribstein

Retrouvez l’émission Baobab sur le site de Radio France
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(2 commentaires)

    3 avril 2007 16:41
    Juste une remarque : le journaliste ne semble pas répondre aux questions que vous lui posez mais plus à une réflexion intérieure, il y a comme un décalage .... Bravo quand même ! Un auditeur de France Inter

    6 novembre 2007 18:41, par pidoboulyou
    Bon papier. Rubrique « Trois questions à... », où l’interlocuteur-interviewé est bien libre de répondre dans un mouvement d’humeur. Cela dit, Paoli est un vieux routier et son « franc-parler » du lundi sur Inter est à inscrire à l’agenda le plus souvent.

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