Billets Politique Monde Société Économie Culture Sciences Sport Médias Bordeaux
Mérignac, trois heures sur la brèche
Article publié le 3/04/2007
Chaque jour de la semaine, entre 6h et 9h, huit cents passagers décollent de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, direction : Paris. Pour cette clientèle d’affaires, Air France propose la Navette, un décollage toutes les demi-heures. Le lundi, 150 agents font face au rush.

6h 30. Le hall B en ébullition.

Le premier avion du matin est annoncé en « retour parking ». En langage Air France : il ne peut pas décoller. Louis, le superviseur de vacation, se prépare à voir débarquer les 160 passagers paniqués d’un vol plein à 100%. Des gens qu’il faut à tout prix acheminer à bon port. Rapide briefing avec son équipe : ce vol annulé, c’est 75 correspondances à réorganiser. Louis ne se départit pas de son sourire : « On va s’occuper de chaque passager au cas par cas. On essaye de faire face avec le sourire pour que la pression retombe ».

7h 00. L’aérogare totalement pleine.

Face aux comptoirs d’enregistrement, une file d’attente interminable de cadres, mallette en main, qui doivent prendre leur mal en patience. Pas de chance pour la compagnie, l’incident est survenu au pic de la matinée. Plusieurs hommes, stressés, font le siège de Louis en parlant avec des grands gestes pour tenter d’embarquer dans le prochain avion. Pas de quoi l’impressionner. « Depuis 7 ans que la Navette existe à Bordeaux, on est rodé face à ce genre de situation ». Derrière son comptoir, Lise gère le rush. Fard à paupière bleu marine assorti à son uniforme tiré au cordeau. Sourire impeccable sous un chignon, tenu par un discret filet : elle reste courtoise en toutes circonstances.

La compagnie soigne son image. Elle pourrait en faire l’économie : elle détient un monopole de fait sur la liaison Paris-Bordeaux. Mais sa clientèle, Air France la chouchoute avec une arme imparable. Cette navette qui décolle toutes les heures et qui permet de reclasser tant bien que mal les naufragés du vol resté au sol. « Nous misons sur la régularité et la fiabilité de nos vols », explique Alain Bogud, le directeur commercial Sud-Ouest, qui revendique fièrement un taux de ponctualité de 87%.

8H 00. Les derniers retardataires.

La plupart des passagers ont déjà été « reroutés » vers leurs destinations respectives. Ce n’est pas le cas de David Bidegaray, un jeune Bordelais impatient de rejoindre Paris pour s’envoler vers le Vietnam de ses vacances. « L’avion pour moi, c’est une première… et peut être une dernière ! », plaisante-t-il, à moitié rassuré sur son acheminement. Derrière lui, le jeune Docteur Cogrel affiche une mine bronzée. « Je me suis levé un peu tard », dit-il en souriant. « Je suis arrivé vingt minutes avant le décollage », dix minutes de trop vu les contrôles actuels de sécurité. Ce qui fait plutôt rigoler ce jeune dermatologue, qui part s’installer en Martinique. Entre 2005 et 2006, cette clientèle internationale a dopé la croissance du trafic de Mérignac, en hausse de 20%.

9H 00. Air France fait les comptes.

Les membres de l’équipage du vol de 6h30 s’enregistrent pour le prochain vol… comme passagers ! Le commandement de bord n’est pas très loquace sur l’incident du matin - en fait un problème de moteur. Pour que la continuité des navettes de la…Navette puisse être assurée, un autre appareil a été affrété à Paris, avec l’équipage de réserve disponible en permanence. Pour la compagnie, la liaison est rentable, avec un taux de remplissage de 65%. Alain Bogud a de quoi être satisfait : « A 300 euros le billet, le chiffre d’affaires d’un vol de 100 places représente environ 30.000 euros », calcule-t-il.

Matthieu Fauroux


Le reportage vidéo à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac

Le bilan de la Navette à Bordeaux par Alain Bogud, directeur commercial Sud-Ouest d’Air France
Commentez cet article !

> Page consultée 1525 fois
> 0 commentaire(s)
 

imprimatur.fr on Facebook
Imprimaquoi ?

Imprimatur est le journal école de l'Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine (IJBA). Il est créé par les étudiants de 1ère année et distribué gratuitement dans plusieurs lieux publics de Bordeaux.

Vous pouvez télécharger le dernier numéro au format PDF en vous rendant sur la page d'accueil du site.


Imprimatur, journal-école de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine.
Fondateur : Robert Escarpit. Directrice de la publication : Maria Santos-Sainz.
IJBA, 1 rue Jacques Ellul, 33 080 Bordeaux Cedex. Tel : 05 57 12 20 20
www.ijba.org - Association des diplômés